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Marie-Clémence Fouriaux, une institutrice de combat
par Hervé Chabaud
Histoire. Missionnaire, institutrice puis directrice en école maternelle, soignante pendant la Grande Guerre, elle a été une pièce essentielle dans l’organisation du retour à Reims à l’issue du conflit.
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Marie-Clémence Fouriaux, un exemple de courage et d’engagement durant la Grande Guerre.
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La triste nouvelle parvient à Reims. Marie-Clémence Fouriaux s’est éteinte la veille à Savigny-sur-Aisne, dans le département des Ardennes. Cette institutrice, directrice d’école, infirmière durant la Grande Guerre a particulièrement marqué la population par son engagement éducatif et social aussi, l’émotion est-elle vive. Ecolière douée mais que ses parents préfèrent mettre à la garde des vaches, elle a le goût de la lecture et de l’étude.
En 1873, âgée de 16 ans, elle entre chez les sœurs de la doctrine chrétienne de Nancy afin de devenir infirmière puis missionnaire en Afrique. Avec, en prime, la responsabilité d’un hôpital de cinq cents lits.
Après sept ans d’engagement sur le terrain, elle revient dans la Marne, travaille à Reims chez un négociant en vin mais surtout prépare un brevet de capacité pour renforcer son niveau scolaire. Sa détermination séduit un inspecteur comme sa volonté intacte de devenir institutrice.
En 1882, elle obtient un premier poste à l’école maternelle de Bétheniville à la charnière de la Marne et des Ardennes. Le 1 er octobre 1883, elle est mutée à Reims comme directrice de l’école maternelle de la rue Courmeaux. Blanche Cavarrot est son adjointe, dans un quartier où les lois Ferry ont été très critiquées. Son passé de religieuse l’aide à pacifier la situation et à donner du crédit à l’école publique dont elle atteste la sincérité des valeurs.
Opposée aux punitions humiliantes comme au port du bonnet d’âne, sa pédagogie, fondée sur l’exigence et la bienveillance donne de vrais résultats. On la nomme alors à l’école de la rue du Mont-d’Arène qualifiée de difficile. Ses résultats sont patents. Elle développe dans le même temps avec Blanche Cavarrot des cours de broderie avec la section rémoise de l’œuvre du Trousseau.
Pendant la Première Guerre mondiale, le travail qu’elle accomplit en faveur des blessés, comme l’enseignement qu’elle maintient malgré les bombardements font l’admiration. Dès 1914, elle participe à l’évacuation des blessés de la cathédrale en flammes. En 1915, elle s’occupe du transfert de huit cents enfants pour des vacances loin de la zone de guerre puis s’assure de leur scolarisation à Cancale pendant deux ans.
En 1917, elle est membre du conseil départemental et vice-présidente de l’Entente des conseillers départementaux et défend un enseignement identique entre les filles et les garçons. Elle est décorée de la Légion d’honneur : « A donné depuis le début de la guerre le plus bel exemple de courage et de patriotisme. A apporté depuis le début des hostilités son concours le plus dévoué à la municipalité de Reims pour l’organisation des secours aux victimes de guerre. Directrice d’École d’un rare mérite professionnel. »
Elle crée et anime l’association Le retour à Reims à l’issue du conflit. Elle milite pour le droit de vote des femmes et témoigne du rôle qu’elles peuvent accomplir, confortée par leur courage dont elle a été témoin pendant la Grande Guerre. Elle soutient la ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté, la Ligue de l’enseignement et la Ligue des droits de l’homme.◼
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La ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, a présidé cette cérémonie d’hommage national au sergent Anicet Girardin.
Photos Stéphanie Jayet
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Armée. Un hommage national au sergent Anicet Girardin a été rendu hier dans la Marne.
Une cérémonie forte en émotions où dignité et tristesse se sont mêlées au sein du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes, qui a perdu l’un de ses frères d’armes.
La cérémonie venait de commencer depuis un peu plus d’un quart d’heure sur la place d’Armes du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes. La ministre des Armées et des Anciens Combattants, Catherine Vautrin, qui présidait cette cérémonie, venait d’achever la revue des troupes quand des coups de tambour ont résonné dans ce lourd silence pendant de longues secondes. L’instant déjà rempli en émotion bascule dans une profonde tristesse trop difficile à dissimuler quand le cercueil du caporal-chef Anicet Girardin, promu sergent à titre posthume, est arrivé en plein cœur de la place d’Armes, porté et placé face à ses frères d’armes.
C’est donc devant ses camarades du 132e RIC, ses proches, sa famille, ses amis, venus en nombre de la Marne et des Ardennes, et plusieurs officiels (Romain Royer, Franck Leroy, Jean-Marc Roze, Lise Magnier, Christian Bruyen notamment) que cet hommage national est rendu au jeune homme de 31 ans, mort le 22 avril des suites de ses blessures. « La Nation s’incline devant le sergent Anicet Girardin », lance Catherine Vautrin, ajoutant qu’il s’agit du « 145e mort pour la France au Liban depuis 1978 ». Le sergent Girardin était déployé au sud du Liban dans le cadre de l’opération Daman, depuis le 23 janvier, comme adjoint chef de groupe cynotechnique, spécialisé dans la détection d’explosifs au sein de la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (Finul). Le 18 avril dernier, lors d’une mission de reconnaissance d’itinéraire afin de ravitailler un poste isolé de casques bleus, la patrouille a été prise à partie par un groupe armé. L’adjudant Montorio, décédé dans cette attaque, a d’abord été touché à l’avant. Le sergent Anicet Girardin est venu lui porter secours. Et c’est en réalisant ce geste héroïque que le trentenaire a été grièvement blessé, avant de succomber quelques jours plus tard.
« Il est mort des suites de ce geste de courage. Il est mort comme il avait servi, avec bravoure et fidélité », affirme la ministre des Armées. La famille du 132e RIC a perdu l’un des siens au combat, une première depuis la recréation du régiment en 1977. « Ce premier deuil est une terrible épreuve. Il marque l’entrée du 132 dans la mémoire combattante de l’armée française », avance Catherine Vautrin. Une première que personne n’aurait aimé vivre tant la douleur est forte, que ce soit pour ses frères d’armes ou pour sa famille et notamment sa compagne Florence, également engagée au sein du 132e RIC, et de leur fils de deux ans, Jules. « La Nation mesure votre peine. Elle s’incline devant elle avec respect et humilité. Jules va grandir avec un modèle, et le souvenir d’un héros », clame Catherine Vautrin en s’adressant à Florence.
Né à Reims et originaire de Juniville où il a grandi, Anicet Girardin s’était engagé en 2016, à 21 ans, au 132e RIC. Formé au dressage avec « la passion du chien chevillé au corps », il se spécialise dans l’aide à la recherche et à la détection d’explosifs (ARDE). « Cette spécialité demande de la patience, de la rigueur, une immense maîtrise technique et une intelligence du vivant qui ne s’apprend pas dans les manuels », détaille la ministre, qui poursuit en indiquant qu’Anicet Girardin était un soldat « consciencieux, discret, d’une fiabilité absolue et apprécié de tous (…). C’est un soldat qui a marqué son régiment ».
Le sergent Anicet Girardin a reçu, à titre posthume, la médaille militaire, la croix de la Valeur militaire avec palme de bronze et a été fait chevalier de la Légion d’honneur. La cérémonie s’est achevée par une haie d’honneur au cœur du 132e RIC. Le sergent Girardin a été accompagné par ses frères d’armes qui ont entonné l’hymne de la première compagnie du 132e RIC à laquelle a été affectée Anicet Girardin. Un moment fort pour ces militaires qui sont restés dignes tout au long de cette matinée.
La dignité, une notion forte dans ces moments de souffrance au sein de l’armée française. Mais derrière cette noble dignité se cachait une fragilité, une souffrance face à ce décès. Ces soldats restent des hommes et des femmes et tous n’ont pas réussi à retenir leurs larmes. « Le nom d’Anicet Girardin ne disparaîtra pas. Il demeurera à jamais dans la mémoire du 132 », conclut Catherine Vautrin. Les soldats du 132 ont pleuré la perte d’un compagnon, mais ils honoreront chaque jour la mémoire de ce héros de 31 ans : le sergent Anicet Girardin. ●
Maître-chien au sein du 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes, le sergent Anicet Girardin formait un binôme avec son chien Ros, un berger allemand de 7 ans et 37 kilos.
Quel va être l’avenir de Ros désormais ? « La famille a souhaité pouvoir récupérer le chien. C’était une décision qui leur tenait vraiment à cœur et notamment à sa conjointe. Son fils pourra connaître aussi un peu son père, à travers le chien, qui l’a tant accompagné au combat », raconte le général Christophe Bizien, qui commande la brigade du génie dont dépend le 132e RIC. Après une période d’adaptation, Ros rejoindra donc la compagne et le fils d’Anicet Girardin. En amont de cette cérémonie, Ros a également été mis à l’honneur.
Ros était présent hier aux côtés de la compagne d’Anicet Girardin, Florence, également militaire
au sein du 132e RIC. Stéphanie Jayet
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« J‘ai eu le grand honneur, avant la cérémonie, de le décorer de la croix de la valeur militaire, en présence de la ministre Catherine Vautrin, du chef d’état-major de l’armée, et de la famille », rapporte le général Bizien qui a également eu une pensée émue à destination du sergent Girardin. « Nous avons rendu un magnifique hommage, un hommage militaire, un hommage martial au nom de toute la Nation, à notre frère d’armes. […] La famille a un profond attachement à l’armée, qui désormais fait partie de la famille militaire, du fait du sang versé par leur fils, et que nous allons continuer à accompagner. Nous n’abandonnerons pas cette famille, sa conjointe, qui fait partie également du régiment. Nous n’abandonnerons pas son fils Jules, âgé de deux ans. Nous veillerons sur cette famille, à jamais. »
Le 132e RIC n’a pas le temps de tergiverser et se focalise sur l’exercice Orion avec la venue du président Emmanuel Macron, demain. « La mission continue. Plus que jamais il faut s’entraîner, c’est ce que nous faisons, nous sommes concentrés », conclut le général Christophe Bizien.
pleure la mort d’Anicet Girardin, honoré par la Nation
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et lire l’article de Kevin Petit
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« l’Hebdo du Vendredi » 260428a
Par Sonia Legendre
Catherine Vautrin, ministre des Armées, a présidé la cérémonie d’hommage au sergent Girardin. (© l’Hebdo du Vendredi)
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De nombreux militaires, de Suippes mais aussi d’autres régiments, se sont réunis pour honorer la mémoire d’Anicet Girardin. (© l’Hebdo du Vendredi)
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Les soldats du 132e RIC et leurs chiens ont rendu un dernier hommage à leur frère d’armes, mort à l’âge de 31 ans. (© l’Hebdo du Vendredi)
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Catherine Vautrin, ministre des Armées, a présidé la cérémonie d’hommage au sergent Girardin. (© l’Hebdo du Vendredi)
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Les soldats du 132e RIC et leurs chiens ont rendu un dernier hommage à leur frère d’armes, mort à l’âge de 31 ans. (© l’Hebdo du Vendredi)
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La ministre des Armées, Catherine Vautrin, a rendu un hommage émouvant au sergent Anicet Girardin. (© l’Hebdo du Vendredi)
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Anicet Girardin a reçu la Légion d’honneur à titre posthume, au 132e RIC de Suippes. (© l’Hebdo du Vendredi)
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L’hommage national rendu au sergent Anicet Girardin, ce mardi 28 avril, a réuni la famille et les proches du soldat marnais défunt, ainsi qu’environ 200 militaires au 132e régiment d’infanterie cynotechnique de Suippes. Retour sur une cérémonie solennelle et émouvante, présidée par Catherine Vautrin, ministre des Armées.
Il s’était engagé en 2016 au 132e régiment d’infanterie cynotechnique (RIC) de Suippes et avait fêté son 31e anniversaire le 12 avril, loin de ses proches, puisque missionné dans le cadre de l’opération Daman, la participation française à la Force intérimaire des Nations Unies au Liban (FINUL). Anicet Girardin est décédé le 22 avril des suites de blessures survenues lors d’une embuscade au sud du Liban. Sa famille, ses amis, environ 200 militaires et leurs chiens, de nombreux élus ainsi que le général Pierre Schill, chef d’état-major de l’armée de Terre, lui ont rendu un dernier hommage ce mardi, au cœur du régiment. « Le 132e RIC est frappé dans sa chair, a déclaré Catherine Vautrin, la ministre des Armées et des Anciens combattants. Depuis sa recréation en 1977, jamais ce régiment n’avait perdu un soldat mort pour la France en opération extérieure. La nation s’incline devant le sergent Anicet Girardin (…) un enfant de la Marne et de la Champagne. » Né à Reims, il a grandi à Juniville dans les Ardennes.
Le cercueil du soldat, porté par ses frères d’armes et recouvert d’un drapeau tricolore, a cristallisé le silence et le recueillement. La médaille militaire et la Légion d’honneur lui ont été décernées à titre posthume lors de cette cérémonie solennelle et digne.
Anicet Girardin s’était formé au dressage canin puis spécialisé dans l’aide à la recherche et à la détection d’explosifs. Un domaine nécessitant « une immense maîtrise technique » et « une intelligence du vivant qui ne s’apprend pas dans les manuels. » Avec son binôme Ros, un berger allemand de sept ans confié à sa famille, il avait déjà servi au Mali lors de l’opération Barkhane, pendant la Coupe du monde de rugby en 2023 et les JO de Paris l’année suivante. La ministre des Armées a salué sa « passion du chien, chevillée au corps », « sa manière d’être et de servir » et son tempérament « consciencieux, discret et d’une fiabilité absolue. »
Le jeune militaire a été blessé le 18 avril, alors qu’il intervenait en reconnaissance d’itinéraire « sur une route piégée par un engin explosif, pour permettre à la mission de continuer. » L’attaque de sa patrouille par un groupe armé a causé la mort de l’adjudant Florian Montorio, son chef d’élément. « C’est en secourant l’adjudant Montorio qu’Anicet Girardin a été grièvement blessé. Un soldat français n’abandonne jamais un frère d’armes. Il est mort des suites de ce geste. » Pour la France et pour ceux qui combattaient à ses côtés.
Catherine Vautrin s’est ensuite adressée à la compagne du sergent Girardin, également engagée au 132e RIC. « Vous aussi, vous avez été projetée au Liban. Vous savez mieux que quiconque ce que signifiait sa mission. Vous perdez celui avec qui vous avez construit votre vie, votre famille. » La ministre a eu une pensée émue pour leur fils de deux ans : « Il est encore trop jeune pour comprendre vraiment ce qui lui est ôté aujourd’hui. Il va grandir avec le souvenir d’un héros, son père (…). Un homme qui a mis son talent, sa jeunesse, son courage au service de son pays. » Le cercueil a quitté le régiment en empruntant la haie d’honneur, au son du « Chant du 132 » entonné par les soldats.
« l’Hebdo du Vendredi » 260428b
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Plus de 200 militaires, sa famille et son chien Ros étaient réunis ce mardi 28 avril au 132e RIC de Suippes pour saluer la mémoire du sergent Anicet Girardin.
L’hommage national rendu au sergent Anicet Girardin, décédé le 22 avril des suites de blessures reçues au Liban, s’est tenu ce mardi 28 avril 2026 à Suippes, au sein du 132e Régiment d’infanterie cynotechnique. Le jeune militaire officiait dans ce régiment en tant que maître-chien depuis 2016.
La cérémonie, solennelle et émouvante, s’est déroulée en présence de plus de 200 militaires, de la famille et des proches du sergent Girardin, ainsi que de son chien militaire, Ros. La ministre des Armées et des Anciens combattants, Catherine Vautrin, a salué l’engagement du jeune soldat, mort en tentant de sauver un frère d’armes. La médaille militaire et la Légion d’honneur lui ont été décernées à titre posthume.
Tarn-et-Garonne. Cet hommage a eu lieu au lendemain de la mort d’un autre soldat, blessé dans la même embuscade, portant à trois le nombre de militaires français décédés depuis le début de cette guerre qui a embrasé la région.
Un hommage national a été rendu ce jeudi à Montauban au Casque bleu Florian Montorio, tué samedi dans une embuscade au Liban et l’un des trois militaires français morts depuis le début de la guerre d’Israël et des États-Unis contre l’Iran fin février.
Âgé de 40 ans, Florian Montorio, engagé dans le cadre de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul), appartenait au dix-septième régiment du génie parachutiste (RGP) de Montauban, le seul régiment de ce type et dont la mission est d’être parachuté sur le théâtre d’opérations pour faciliter l’avancée d’autres troupes au sol. La cérémonie, présidée par la ministre des Armées, Catherine Vautrin, et le chef d’état-major de l’armée de Terre, le général Pierre Schill, en présence de Caroline de Monaco, marraine du régiment, s’est déroulée sous un soleil éclatant, sur la vaste place d’armes de la caserne Doumerc du 17e RGP, a constaté la presse. Florian Montorio, dixième soldat de cette unité mort en opération ces vingt dernières années, a été promu adjudant à titre posthume, fait chevalier de la Légion d’honneur et décoré de la croix de la valeur militaire avec palme de bronze.
Samedi, le militaire a été « touché par un tir direct d’arme légère », a-t-elle ajouté, affirmant que, depuis 1978, 144 militaires français ont perdu la vie au Liban. Les autorités françaises et l’ONU ont attribué l’attaque ayant causé sa mort au mouvement pro iranien Hezbollah, qui a nié toute implication.
Ce mercredi, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé qu’un deuxième militaire français de la Finul, touché dans la même embuscade, avait succombé à ses blessures. Ce jeudi, Catherine Vautrin, ministre des Armées, a aussi rendu hommage à ce soldat, Anicet Girardin, 31 ans : « Je veux avoir une pensée pour son camarade de combat », a-t-elle dit. S’en prendre à des Casques bleus identifiables est « constitutif d’un crime de guerre », a souligné de son côté, également jeudi, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. La Finul avait également rappelé samedi que « les attaques délibérées contre les Casques bleus constituent de graves violations du droit international humanitaire ainsi que de la résolution 1701 du Conseil de sécurité, et peuvent s’apparenter à des crimes de guerre. » ●
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Par Simon Ksiazenicki
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Directeur du Manège de Reims, Bruno Lobé a reçu l’insigne de chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres, vendredi 23 janvier, des mains du président du Manège, Jacques Douadi. L’ancien maire de Sillery, lui-même chevalier de la Légion d’honneur, a procédé à cette remise sur la scène du cirque, en toute logique. Une récompense qui avait été officialisée par un arrêté du ministère de la Culture, remontant déjà au 12 avril 2024.
L’été dernier, Bruno Lobé a fêté ses dix ans à la tête du Manège. Avant cela, il avait notamment officié en tant que directeur adjoint au théâtre d’Orléans, de 2008 à 2015. Sa onzième saison à Reims sera marquée par un projet de rénovation complète du cirque, qui sera en travaux pendant un an, à partir de cet été.
Une Rémoise distinguée de la Légion d’honneur
Sandrine Lemaire, habitante de Belleu (Aisne), professeure d’histoire-géographie à Reims et autrice de nombreux ouvrages et exposi-tions, va recevoir la Légion d’hon-neur. Une récompense pour son important travail de vulgarisation. Spécialiste de l’histoire coloniale, elle a écrit une vingtaine d’ou-vrages, certains adaptés en exposi-tion pédagogiques, notamment Olympisme, une histoire du monde.
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Belleu. Sandrine Lemaire, professeure d’histoire-géographie à Reims et autrice de nombreux ouvrages et expositions, va recevoir la Légion d’honneur. Une récompense pour son important travail de vulgarisation sur des sujets peu glorieux de l’histoire Française.
Pendant ses études d’histoire à la faculté de Reims, Sandrine Lemaire s’est passionnée pour les Saint-Simoniens, les partisans d’un courant idéologique du XIXe siècle qui considéraient que le progrès technique devait bénéficier à tous, y compris aux plus pauvres. Sa rencontre au début des années 90 avec Pascal Blanchard, devenu depuis un médiatique historien, va la pousser vers un terrain de recherche alors peu labouré. « Il m’a dit « j’ai un super sujet pour toi : la propagande coloniale ! » L’Agence économique des colonies avait 1 041 cartons d’archives à Aix-en-Provence qui n’avaient jamais été étudiés », se souvient Sandrine Lemaire.
1041 cartons d’archives
de l’agence économique
des colonies
Tout en enseignant, la jeune professeur d’histoire belleusienne passe ses vacances scolaires à étudier ces documents non classés. Elle découvre comment l’État français a organisé toute la propagande sur les possessions coloniales. « Il fallait convaincre les Français que c’était bien d’avoir un empire colonial. Fin XIXe début XXe, les gens ils n’en voyaient pas l’utilité, ils voyageaient peu, retrace la chercheuse. On utilise plein de supports, la presse, l’école, des affiches, des cartes postales, des bandes dessinées pour les enfants. Dans les années 30, au moment de la crise économique, l’agence développe l’idée qu’en mangeant des produits des colonies, on mangeait français. Donc elle fait la promotion du riz, de la banane, du chocolat, du thé. Les Français ont baigné dans un bain colonial ».
Des bouquins de 500 pages
et des expositions
grand public
L’histoire coloniale la happe. Elle ne le lâchera plus. « J’aurai sans doute eu un poste en fac si j’étais resté avec mes saint-simoniens mais je ne regretterai jamais d’avoir choisi ce sujet. Ce que j’ai fait avec ensuite avec Pascal Blanchard et mes amis, c’est très certainement ce qui m’a valu cette Légion d’honneur », observe-telle avec le recul. En 1995, elle intègre alors l’Association pour la Connaissance de l’Histoire de l’Afrique Contemporaine, un collectif de chercheurs fondé notamment par Pascal Blanchard avec qui elle multiplie les projets sur l’histoire coloniale. Ils écrivent des « bouquins de 500 pages extrêmement fouillés » mais produisent aussi de beaux livres illustrés et des expositions, conscients de « l’impact de l’image ». Ces expositions se déplacent dans des musées, des lycées, des bibliothèques.
Dans le courrier de félicitations qu’il a adressé à Sandrine Lemaire, le recteur de l’académie de Reims Vincent Stanek la complimente pour ses activités « au service de la diffusion des savoirs auprès d’un large public ».
Ses sujets ne sont pas pourtant pas faciles : elle se penche notamment sur les zoos humains, l’exhibition d’habitants des colonies en métropole dans des enclos jusqu’au XXe siècle. Cela fera aussi l’objet d’une exposition « Zoos humains. L’invention du sauvage », présentée au musée du quai Branly, en partenariat avec le footballeur Lilian Thuram.
« Ça ne plaisait pas à d’autres confrères notre volonté de vulgariser. Mais on estimait que tous les matériaux historiques sur lesquels on travaillait avaient encore un poids sur la façon de penser le rapport à l’autre. Même des gens qui n’ont aucun lien avec les colonies ont été influencés par ces images. On ne naît pas raciste, on le devient », considère Sandrine Lemaire.
Elle-même n’a aucun lien avec les colonies. Chez les Lemaire, aucun aïeul ne s’y est établi, aucun n’a participé à la guerre d’Algérie ou à celle d’Indochine. Sa mère était professeure de danse classique. Son père était soudeur. Il a arrêté l’école à 14 ans pour travailler aux charrues Demblon, avant de créer une entreprise de drainage agricole. « Je suis la seule à avoir fait des études », confie Sandrine Lemaire. Alors cette légion d’honneur, elle croit que ses parents, décédés, en auraient été très fiers.
Elle écrit son prochain livre dans son bureau, en écoutant Didier Awadi, un rappeur sénégalais engagé. Titré « Décolonisations », il s’attachera à montrer les liens entre les décolonisations françaises et les autres. Toujours très attachée à l’enseignement, elle observe que « le déficit de connaissance, c’est le terreau des discours simplistes et racistes. » Et la bataille est loin d’être gagnée. ●
REPÈRES
Sandrine Lemaire a 57 ans et vit à Belleu, près de Soissons. Elle est professeure agrégée d’histoire géographique, diplômée de l’Institut universitaire européen de Florence et enseigne en classe préparatoire aux grandes écoles à Reims.
Spécialiste de l’histoire coloniale, elle a écrit une vingtaine d’ouvrages, certains adaptés en exposition pédagogiques, notamment « Olympisme, une histoire du monde », présentée en 2024 au Palais de la Porte Dorée (Musée de l’histoire de l’immigration, à Paris).
Elle fait partie de la promotion du 31 décembre 2025 de la Légion d’honneur.
Remi Havyarimana rhavyarimana@lunion.fr
Les récipiendaires à l’issue de la remise des médailles au sein du SGV, syndicat général des vignerons à Épernay. FP
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Épernay. Trois figures marnaises qui ont œuvré pour le monde agricole et viticole se sont vu remettre la médaille du Mérite agricole dans les locaux du SGV, Syndicat général des vignerons, ce lundi 30 mars.
Il y a eu quelques larmes, ce lundi 30 mars, au sein du SGV, Syndicat général des vignerons à Épernay. La remise de médailles du Mérite agricole, l’équivalent de la Légion d’honneur, à trois personnalités qui ont œuvré pour le monde agricole et viticole a ému les récipiendaires et leurs proches. Jacques Rouchaussé, président de l’Amoma (Association des membres de l’ordre du Mérite agricole) a remis le Mérite agricole à Roger Brun, viticulteur à la retraite originaire d’Aÿ, Georges Maizières, retraité du monde viticole originaire de Trépail et Françoise Férat, ancienne sénatrice de la Marne et maire de Cuchery. L’occasion de revenir en détail sur leurs parcours où dévouement et engagement sont les maîtres-mots.
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Roger Brun
À 85 ans, Roger Brun originaire d’Aÿ, a connu une carrière bien remplie. Après l’école primaire, il ne poursuivra pas ses études, son papa tétraplégique ayant besoin de lui dans les caves et les vignes. Le soir, il prend des cours avec Louis Bolland, chef de cave et œnologue, et le jour, il se rend aux vignes. Il rentrera à la Cuma Coop Air comme responsable d’Aÿ. Il sera à l’origine des Fêtes Henri IV à Aÿ où il est adjoint au maire. Il prend ensuite la tête de la Cuma qui deviendra SPVC, société de protection des cultures viticoles champenoises. Il sera aussi responsable des vignobles Pernod Ricard Champagne Cognac et Provence. Et Patrick Ricard a dit de lui lors d’une assemblée : « Je vous présente un homme qui m’a fait gagner de l’argent alors que vous tous vous m’en coûtez ».
2
Georges Maizières
Il est né en 1941 dans une famille de vignerons installée à Trépail du côté maternel depuis 17 générations ! En 1952, il achète sa première terre à vigne. Six ans plus tard, il participe au collectif agricole de la Maison joyeuse, cela lui fait prendre conscience « que c’est dans la réflexion collective des problèmes que nous arrivons à mettre en place des solutions ». Au cours de son service militaire, il met en place « un club des agriculteurs ». En 1966, il crée le groupe des jeunes vignerons, responsable du secteur de la montagne de Reims, Trépail et Villers-Allerand. Il sera responsable de l’association viticole champenoise pour Trépail, Vaudemanges, Billy-le-Grand, Villers-Marmery. Il met en place la Cuma coop air (coopérative d’utilisation de matériel agricole). Il sera promu chevalier de l’Ordre national du mérite par la présidence de la République en 1978.
3
Françoise Férat
Elle a été faite Chevalier de l’ordre du Mérite agricole en juillet 1998. La remise officielle a un peu tardé, car Mme Férat souhaitait qu’une personne « qu’elle estime » la lui remette. Elle a aussi reçu la Légion d’honneur en 2024. Âgée de 77 ans, elle a aussi officié comme sénatrice de la Marne. Elle a été élue en 2001, puis réélue en 2011 et 2017. Elle a aussi été conseillère départementale de la Marne (canton Dormans), vice-présidente du conseil général puis départemental de la Marne, maire de Cuchery, présidente du Parc naturel régional de la montagne de Reims. Au total, elle aura consacré 35 ans de sa vie à la politique locale et nationale. Elle a travaillé à la protection de la filière pêche française, au développement d’une culture scientifique, à la création de zones végétalisées et a fait plusieurs propositions de loi pour réserver l’utilisation du drapeau français aux produits fabriqués en France, à la transmission du patrimoine agricole, à la lutte contre le gaspillage alimentaire… La liste est longue ! Et Mme Férat dit avoir fait tout cela « avec passion ».◼
Le saviez-vous ?
L’Ordre du Mérite agricole a été institué le 7 juillet 1883 avec le grade de Chevalier. C’est l’équivalent de la « Légion d’honneur », dans le domaine agricole. Son but : honorer les personnes ayant rendu des services marquants à l’agriculture.Le grade d’Officier (avec la rosette) a été créé en 1887, celui de Commandeur (avec le ruban) en 1900. Un Conseil de l’ordre fut installé en 1896. Le Mérite agricole est décerné deux fois par an, en janvier et en juillet. L’Ordre compte plus de 30 000 décorés. L’Amoma, association des membres de l’Ordre du Mérite agricole a vu le jour en 1992. « C’est la seule association de décorés de l’Ordre reconnue par le Ministère de l’Agriculture » a rappelé le président Rouchaussé. Il existe une autre association marnaise (Ammoma) « mais elle est en dehors des clous, elle ne cotise pas au national ».
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Chaque dimanche, la chronique « Hervé Chabaud nous raconte » permet de (re)découvrir une personnalité ou un événement qui a marqué la région. Aujourd’hui… Jean-Baptiste Langlet. Médecin chef respecté des hôpitaux de la Cité des sacres, maire fédérateur à la tête d’une ville sur le front pendant la Grande Guerre, partisan de l’Union sacrée, il a incarné une forme de résistance. Partage :
8 mars 1927 – La mort la veille du docteur Jean-Baptiste Langlet a un retentissement considérable en ville. On lui prépare déjà des obsèques solennelles, tant son engagement durant la Première Guerre mondiale a été intense et reconnu par les Rémois demeurés sur place comme par ceux qui ont dû s’exiler. Il est déjà considéré comme un héros civil de la Grande Guerre. N’a-t-il pas été le dernier à quitter la ville devenue zone de combat avec le cardinal Luçon lors de l’offensive allemande du printemps 1918 ? N’a-t-il pas appelé de ses vœux la reconstruction de la ville martyre ?
Né à Reims le 7 septembre 1841, élève brillant qui a fait une partie de sa scolarité à l’École de médecine avant de rejoindre la faculté de Paris et de se former dans plusieurs hôpitaux de la capitale, Jean-Baptiste Langlet est aussi un passionné de politique, convaincu qu’il peut exercer la médecine et servir conjointement son pays.
Soucieux de revenir à Reims, marqué par la guerre de 1870 et l’épisode de la Commune, il s’installe d’abord dans le quartier Saint-Remi fin 1872, avant d’opter pour la médecine hospitalière et l’enseignement. Ce qui ne l’empêche pas d’être conseiller municipal dans l’équipe du docteur Henri Henrot, président du Comité rémois de la Ligue de l’enseignement, député radical de 1889 à 1893.
Langlet est un passionné de politique, convaincu qu’il peut exercer la médecine et servir conjointement son pays
Au début du XXe siècle il défend l’urgence de construire un nouvel hôpital. Professeur à l’École de médecine dont il est le doyen dès 1906, il est élu la même année conseiller général de la Marne. En 1908, le docteur Langlet est maire de Reims. Il succède à Adrien Pozzi. Apprécié pour ses qualités de négociateur et de décideur, il est réélu en 1912, installe le musée dans l’ancienne abbaye Saint-Denis, inaugure avec le président de la République, Raymond Poincaré l’hôtel de la Mutualité.
Debout dans la guerre
Il entre dans l’histoire par la dignité de son comportement entre 1914 et 1918. Appelant les Rémois au sang-froid, debout malgré l’incendie de la cathédrale Notre-Dame le 19 septembre 1914 et de l’hôtel de ville le 3 mai 1917, Il fait face à l’ennemi dont il a mesuré la suffisance et le mépris durant la courte occupation de la ville début septembre 1914. Il ne cède rien et ne craint pas d’être en première ligne. Jusqu’à la fin de son mandat en décembre 1919, il se dévoue corps et âme avec une équipe de fidèles pour le retour des déplacés et la nécessaire reconstruction d’une ville en ruines. Le 6 juillet, le président Poincaré a remis la Légion d’honneur à la ville de Reims. S’adressant au maire il déclare : « Aujourd’hui le gouvernement de la République veut rendre hommage à l’héroïsme de votre grande cité, au nom de la France reconnaissante ». Fait exceptionnel, de son vivant, en 1924, une artère du centre-ville est baptisée de son nom : le cours Langlet.
Par Hippolyte Semin Journaliste à Vitry-le-François
Partage : Géo Lefèvre a aussi été président de l’association des journalistes sportifs, de 1957 à 1960. - Archives
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Géo Lefèvre l’un des plus grands journalistes sportif et créateur du tour de France. - CAP
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Le journal sportif L’Équipe souffle sa 80e bougie ce samedi 28 février 2026. L’occasion de revenir sur la vie de Géo Lefèvre, mort en 1961 à Sompuis, qui est à l’origine de grands événements sportifs en France.
Sompuis. samedi 22 juillet 1961. Une foule s’amasse dans la petite église Saint-André. Radios et journaux ont fait le relais de cet événement. Des grands noms de l’époque sont même venus directement de Paris. L’Équipe, le Parisien Libéré, les fédérations françaises de cyclisme et de sports automobiles, le président du Tour de France… Tous sont présents pour rendre un dernier hommage à Géo Lefèvre, décédé la veille.
Son nom ne vous dit peut-être rien. Et pourtant, Georges Louis Lefèvre, dit Géo (1877-1961) est un homme aux mille visages. Créateur du Tour de France et des 24 heures du Mans, mais aussi un acteur incontournable du journalisme sportif en France, celui qui est mort à Sompuis a laissé un héritage immense dans le développement du sport. Pour les 80 ans de la création du journal sportif l’Équipe, fondé le 28 février 1946, nous revenons sur l’une de ses figures, Marnais d’adoption, qui fut son directeur des services de publicité du premier numéro jusqu’à sa retraite, en 1955.
« Il est connu pour être le père du Tour de France, mais il était aussi bien plus ». Dans son bureau rempli d’objets retraçant son parcours, le général Jean-Marie Lemoine est loin d’oublier celui qu’il a toujours admiré. Quand il parle de « Géo », ses yeux s’illuminent. Un personnage haut en couleur qui aura marqué l’enfance de celui qui vit actuellement à Changy. « C’était une famille originale qu’on n’oublie pas », lance-t-il en guise d’introduction. Son père, notaire de Géo Lefèvre, et son grand-père, voisins de sa belle-famille, lui ont permis de rentrer dans l’intimité du journaliste.
Mais, avant que le Changynois ne naisse – en 1931 –, Georges Lefèvre était déjà une personnalité reconnue dans le monde du sport. D’abord journaliste dans la revue Vélo, il décide en 1900 de rejoindre son concurrent, l’Auto, ancêtre du journal L’Équipe. Là-bas, il se fait un nom, autant dans les rubriques cyclisme, automobile, rugby que boxe. « Il fut le monsieur du premier rang, dont la signature était célèbre à l’époque », rappelle le journal pour le décrire.
Très vite, il s’illustre en suggérant à son patron de l’époque, Henri Desgrange, la création d’un Tour de France à vélo en 6 étapes. Dès la première édition de cette compétition, en 1903, il en devient le directeur de course, en plus de son statut de journaliste. Il a alors 26 ans. Après la Seconde Guerre mondiale, pour laquelle il reçoit une croix de guerre, celui qui est aussi à l’origine de la création des 24h du Mans termine sa longue carrière comme directeur des services de publicité dans un journal qui vient d’être lancé : L’Équipe.
S’il « était partout et nulle part », ses obligations professionnelles le faisant bouger aux quatre coins du pays, Géo Lefèvre est toujours resté très attaché à la maison de sa belle-famille, les Tantet, où il passait nombre de ses vacances. C’est même précisément dans cette propriété située dans la commune de Sompuis qu’il a décidé de passer sa retraite.
« Je me souviens bien des repas du dimanche auxquels on était invités », lance Jean-Marie Lemoine, qui n’a pas perdu une miette de ces moments passés avec la famille Lefèvre. « La grand-mère Tantet – c’est comme ça qu’on l’appelait –, demandait à tous les invités de payer le repas, amis comme membres de sa famille. Et toutes les femmes devaient participer à la cuisine. Même pour les personnes huppées que Géo amenait de Paris, il n’y avait pas de traitement de faveur ». Un souvenir impérissable qui donne un aperçu de la famille du journaliste sportif.
Des anecdotes sur lui, Jean-Marie Lemoine en a à la pelle. De son accoutrement à sa gouaille railleuse, en passant par sa passion pour le musée sur Napoléon du village, le jeune vitryat d’alors se remémore une histoire qui résume bien le personnage. « Géo Lefèvre était toujours habillé de manière originale. Je me rappelle de lui en short, à 80 ans, qui me montre ses jambes et me dit : « regarde, j’ai des grands poils, je suis devenu un vieux con ».
Avec un humour pince-sans-rire et direct, Géo Lefèvre restait un « type facile et abordable ». Il aura marqué une génération de son empreinte, sans chercher à s’attirer la lumière, mais toujours animé d’une passion pour le sport qui ne le quittera jamais.
Teinté d’un caractère unique, le journaliste Jacques Loste, de l’Argus de l’Automobile, le décrira comme « un propagandiste du sport dont l’éloquence était pleine de verve et de drôlerie », quand Jean-Louis Lemoine se rappellera les derniers mots qu’il lui a adressés avant de mourir, comme un résumé de la personne qu’était Géo Lefèvre : « J’avais trente ans et je venais d’avoir ma Légion d’honneur. Il m’a pris sur ses genoux, et m’a dit : « Ça me fait chier de crever ». Un ultime tour de piste avant de s’échapper.
Jean Gagneur était bien entouré pour son anniversaire. - Roland Grosjean
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Médaillé l’an dernier chevalier de la Légion d’Honneur à Sermaize-les-Bains, Jean Gagneur a fêté ses 100 ans avec toute la famille et les amis qui lui avaient fait la surprise dimanche 8 février.
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Réunis au monument aux morts de Vertus, 116 élèves de la 535e promotion de l’École de sous-officiers de la gendarmerie de Chaumont ont vécu, ce lundi 9 février, une cérémonie empreinte de recueillement, marquant le choix de leur parrain de promotion
Le monument aux morts de Vertus Blancs-Coteaux a été le théâtre d’un moment solennel, ce lundi 9 février 2026. La 535e promotion de l’École de sous-officiers de la gendarmerie de Chaumont (Haute-Marne) s’y est réunie pour une étape symbolique de son parcours : le choix de son parrain de promotion. Pour l’occasion, 116 élèves sous-officiers avaient fait le déplacement.
Alignés face au monument, les élèves ont pris part à une cérémonie marquée par le devoir de mémoire. Ce rassemblement n’avait rien d’anodin : il visait à honorer la mémoire de Henri Bonsergent, gendarme décédé durant la Seconde Guerre mondiale dont le nom est inscrit sur le monument de la commune.
Engagé très jeune dans la Résistance, Henri Bonsergent a incarné le courage et la fidélité aux valeurs républicaines. Refusant toute compromission, il poursuivra son combat contre l’occupant jusqu’à son arrestation, avant d’être déporté. Il mourra d’épuisement en camp de concentration, payant de sa vie son engagement au service de la France. Décoré de la Légion d’honneur, de la Médaille militaire et de la Médaille de la Résistance, il demeure un exemple.
Au fil des prises de parole, les cadres de l’école ont rappelé aux élèves la portée de ce choix. Désigner un parrain n’est pas qu’un symbole. « C’est s’inscrire dans une lignée, assumer un héritage et porter, tout au long de sa carrière, les valeurs incarnées par cette figure tutélaire », a rappelé le capitaine Anneg, instructeur à l’école de gendarmerie et ancien commandant de la communauté de brigades de Sézanne. Courage, sens du devoir, engagement et dévouement ont ainsi été au cœur des messages adressés aux futurs sous-officiers.
À l’approche de la fin de leur formation et de leur prochain baptême de promotion ce jeudi, les élèves ont été invités à garder en mémoire cet exemple, notamment dans les moments de doute ou de difficulté. En choisissant Vertus et son monument aux morts, la 535e promotion a tenu à ancrer son identité dans l’Histoire et le souvenir de ceux qui se sont sacrifiés pour la Nation en y déposant une gerbe avec un moment de recueillement et des chants.
c. - Archives Jocelyne et Jean-Pierre Husson
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Depuis lundi 2 février 2026, Reims compte une nouvelle rue. Située dans le quartier Orgeval, elle porte le nom d’Édouard Charlot, un gendarme rémois qui fut un Résistant exemplaire et a payé de sa vie son engagement au service d’une France combattante.
Par Alice Renard Journaliste à Reims
La nouvelle rue Édouard-Charlot à Orgeval ne fait pas que des heureux, mais elle a le mérite de rendre hommage à un homme exemplaire. Longue d’une soixantaine de mètres, elle ne compte (pour l’instant) que deux numéros, les 1 et 3, deux immeubles qui font face à l’église Saint-Paul, un original édifice tout en rondeur.
L’artère n’était jusque-là qu’une impasse, rattachée à la rue du Docteur-Albert-Schweitzer. Mais avec la démolition de plusieurs bâtiments autour, et la création de nouvelles voiries, c’est maintenant une voie de circulation en sens unique. D’où la nouvelle dénomination. Et d’où la grogne des habitants des deux immeubles, contraints de multiplier les démarches administratives pour changer officiellement d’adresse.
Fraîchement installée, l’unique plaque de rue mentionne peu de choses, faute de place évidemment, sur Edouard Charlot. Pourtant le Rémois est « un résistant de la première heure, dans un pays assommé par la défaite de l’été 1940 », indique le général de division Bruno Jockers, qui signe la préface de sa biographie « Edouard Charlot, un gendarme de la résistance », écrit en 2017 par Olivier Menut. « Le gendarme « Dadart » était une recrue de choix pour les services de renseignements de la Résistance. Son uniforme était un laissez-passer mais il ne le protégeait pas, bien au contraire, en cas d’arrestation. L’occupant ne pardonnera pas à un gendarme d’avoir osé résister. »
Né en 1903 à Châtillon-sur-Marne, Édouard Charlot commence sa carrière militaire en novembre 1923 au 507e régiment de chars de combat. En 1940, marié et père de deux enfants (un troisième naîtra en 1941), il s’engage pour combattre, est blessé sur la Somme puis reprend son poste de gendarme à Loivre après l’armistice.
En 1941, muté à la brigade de Reims, il commence « à organiser la récupération des armes abandonnées en juin 1940 » et travaille « dès septembre 1941, pour les services de renseignements de la France libre, sous le pseudo de Dadart », peut-on lire dans l’article que lui consacrent Jocelyne et Jean-Pierre Husson, deux éminents professeurs d’histoire passés par le lycée Clemenceau à Reims, sur leur site internet dédié à la Résistance.
Fournissant de précieux renseignements relatifs aux terrains d’aviation, en particulier ceux de Courcy et de Juvincourt, et aux mouvements de troupes allemandes, le gendarme Édouard Charlot, 39 ans, est dénoncé et appréhendé par la Gestapo le 14 août 1942 à la gendarmerie de Reims, boulevard Robespierre. Il est ensuite torturé, soumis à une parodie de justice à Châlons-sur-Marne puis déporté avant d’être guillotiné le 4 janvier 1943 dans la cour d’une prison de Cologne, en Allemagne. Après la Libération, Édouard Charlot est nommé sous-lieutenant à titre posthume et reçoit la croix de chevalier de la Légion d’honneur.
La caserne du commandement régional de la gendarmerie de Châlons-en-Champagne porte son nom depuis 1972. « Contrairement à ce qui est mentionné sur la plaque d’hommage, le sous-lieutenant Charlot n’a pas été fusillé mais décapité. Précisons qu’il ne s’agit pas là d’une erreur de la gendarmerie, mais d’une mesure visant à préserver la veuve d’Édouard Charlot, qui ignorait le terrible sort réservé à son défunt mari », précise la page Facebook de la gendarmerie de la Marne.
À Reims, le nom d’Édouard Charlot est aussi gravé sur la stèle élevée en 1947 au cimetière du nord, sur le monument aux martyrs de la Résistance érigé en 1955 sur les Hautes-Promenades, sur une plaque apposée dans le Square des victimes de la Gestapo et sur une stèle qui se dresse dans l’enceinte de la caserne de la Gendarmerie départementale dans le quartier Europe.
Un insigne amplement mérité.
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Des applaudissements chaleureux au sein du CRM-IMC.
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Figure engagée de l’action médico-sociale, Christian Minet œuvre depuis plus de cinquante ans pour l’inclusion des personnes en situation de handicap. Son parcours vient d’être distingué par la remise des insignes de Chevalier de la Légion d’honneur.
En France, le handicap concerne 12 millions de personnes, accompagnées par 8 millions d’aidants. En citant ces chiffres, Catherine Vautrin, ministre des Armées, souhaitait rendre hommage à Christian Minet qui, outre la République « qui fait de son mieux » s’est depuis de nombreuses années, pleinement engagé afin de « permettre à chacun de nos compatriotes en situation de handicap de participer pleinement à la vie en société ».
À la naissance de sa fille Marine, atteinte d’une infirmité motrice cérébrale, il s’engage au sein de l’Association des infirmes moteurs cérébraux du Nord-Est dont il devient le président en 2013. « Aujourd’hui, cette association accompagne ou accueille près de 900 personnes en situation de handicap », relate Mme Vautrin. 1800 autres sont suivis à travers 19 établissements dans la région, mobilisant plus de 500 salariés « ce qui constitue l’acteur médico-social de référence pour la paralysie cérébrale dans toute la Champagne et les Ardennes ».
Pendant toutes ces années, Christian Minet n’a eu de cesse de trouver des solutions pour améliorer la vie de ces personnes à travers différentes démarches « Droit devant », « C’est ma vie, c’est moi qui choisis ». « Les personnes en situation de handicap ne sont plus seulement des usagers mais des acteurs de leur vie à part entière ».
Les étapes sont trop nombreuses pour être toutes citées. Car l’engagement de Christian Minet ne s’est jamais limité à une seule cause. Conseiller municipal de Taissy de 1989 à 2001, il devient premier adjoint de 2008 à 2014 puis conseiller communautaire.
Pendant plus de 35 ans, il a œuvré dans le secteur de l’habitat social « au cœur de ces politiques discrètes mais essentielles qui font la différence entre l’exclusion et l’intégration ; entre la précarité et la stabilité ». C’est lui aussi qui a porté le déménagement du centre de soins Europe-Chemin vert dans le cadre de la rénovation urbaine du quartier.
En lui remettant les insignes de Chevalier de la Légion d’honneur, Catherine Vautrin insistait sur les valeurs que Christian Minet défend « celle d’une France qui n’exclut pas, qui n’abandonne jamais… »
Dans son discours, Christian Minet évoquait son aventure associative qui a débuté en 1971 « grâce à Jacques Toussaint, avec l’appui de Mme Claude Taittinger et du journal L’union » et qui a conduit à la création du Centre de rééducation motrice du Val-de-Murigny en 1978. Le début d’une longue série d’actions qui se poursuivent aujourd’hui, notamment en « accompagnant plus de personnes à domicile qu’en établissements, participant ainsi pleinement à la transformation de l’offre médico-sociale ». De même a été créée la semaine dernière, au sein des Facultés, une « commission pédagogie et handicap ».
Derrière la création de l’antenne locale des Restos du Cœur et de la première édition du Téléthon dans la Cité rose, Françoise Arvois a été mise à l’honneur par la Ville de Vitry-le-François lors de la cérémonie de vœux de l’édile Jean-Pierre Bouquet.
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Période préélectorale oblige, chaque mot est soigneusement pesé par le maire vitryat, Jean-Pierre Bouquet, lors de la cérémonie des vœux organisée vendredi 23 janvier 2026. Les élections municipales à venir ne sont évoquées qu’à peine dans les prises de parole officielles. L’attention se porte avant tout sur les personnalités engagées dans la vie locale. Zoom sur ces visages !
« Joie, Paix, Bonheur ». Affiché en lettres blanches sur fond rose, le slogan à l’apparence d’un acronyme décroche des sourires contenus sur quelques visages de l’assemblée constituée à la cérémonie des vœux du maire de Vitry-le-François : Jean-Pierre Bouquet. Parmi les personnes présentes, vendredi 23 janvier 2026 dans la salle du Manège, de nombreuses personnalités du monde associatif, des élus locaux, représentants de l’État et de l’Établissement de ravitaillement sanitaire des armées (ERSA) de Marolles.
Mais en cette période préélectorale, la présence de certaines personnalités frappe davantage. Dans sept semaines, les Vitryats départageront dans les urnes les candidats à la mairie de la Cité rose. Dans la salle vendredi, l’extrême droite était représentée par Jean-Baptiste Simonnot, candidat RN aux élections municipales, « parachuté ici et en découverte du territoire », ironise-t-on devant la presse. Dans la salle, d’autres candidats déclarés et membres de leurs gardes rapprochées tendent l’oreille lors du discours de Jean-Pierre Bouquet, veillant au bon respect du Code électoral. « Le discours a été vu et revu », glisse-t-on du côté de la municipalité, afin d’éviter toute référence à un quelconque programme politique. Les meilleurs vœux échangés par courtoisie, la nouvelle année donne surtout un coup d’accélérateur aux campagnes électorales des prétendants à la mairie, face à un premier magistrat officiellement non déclaré.
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Alors pour éviter les fausses notes, l’équipe municipale a décidé d’orienter cette cérémonie de vœux 2026 autour de neuf personnalités portant haut leurs couleurs de la Cité rose.
Sur scène, Christian Gonthier, adjoint au sport et à la vie associative, s’avance en premier aux côtés de deux jeunes athlètes : Louna Wolff et Chelby Bouquet Deu. « Louna a débuté la boxe à seulement six ans. Championne de France de boxe éducative lors de la saison 2023/2024, elle a franchi une étape importante en passant en boxe amateur dès la saison 2024/2025 », indique l’adjoint au maire. Et preuve de sa détermination à faire briller ce sport, la jeune fille de 15 ans a participé à quelques stages avec l’équipe nationale « preuve de son potentiel », souligne Christian Gonthier. Pas peu fier de mettre en avant des visages féminins dans le monde sportif, le conseiller a également félicité Chelby Bouquet Deu, « devenue championne de France de boxe éducative lors de la saison 2024/2025, un titre qui lui a permis de passer directement en boxe amateur ».
Sur un autre volet, tout aussi important, la Ville a mis en lumière quatre personnalités bien connues du Vitryat pour leur engagement auprès de leurs concitoyens et des animaux. Parmi eux, Françoise Arvois monte sur scène sous les applaudissements du public. « Votre parcours associatif commence en 1975 lorsque vous devenez présidente de la Jeune Chambre économique locale. Vous êtes alors la première femme en France à occuper cette fonction », souligne Jean-Pierre Bouquet avant de lui remettre un buste en bronze de François-Ier. Depuis cette époque, Françoise Arvois a poursuivi sa mission de soutien auprès des autres. Création de l’antenne locale des Restos du Cœur en 1985, mise en place de la première édition du Téléthon à Vitry-le-François deux ans plus tard, puis de l’association Myosotis en 1997 qu’elle préside toujours, Françoise Arvois a été distinguée de l’Ordre national du mérite en 1995. « Merci à tous ceux qui ont été et sont toujours derrière moi. Ils font beaucoup et le dévouement pour les autres, c’est essentiel », confie, non sans émotion, cette personnalité décorée de la Légion d’honneur. « C’est une leçon d’humanité que chacun devrait méditer », reconnaît Jean-Pierre Bouquet.
Lui aussi a cultivé son envie d’aider ses concitoyens. Pendant seize ans, Daniel Dautel a incarné « une certaine idée du service rendu aux autres », souffle le maire. Cette figure vitryate a exercé en tant que conciliateur de justice dans la Cité rose avec la ferme volonté de restaurer un dialogue constructif entre voisins et apaiser les tensions du quotidien. Enfin, comment ne pas évoquer lors de cette soirée deux amoureuses de nos compagnons à quatre pattes : Sylvie Gilbaut et Jocelyne Madaschi, présidente et vice-présidente du refuge de la Haute-Borne depuis 2004. « Les débuts ont été très compliqués. Vous subissiez des intimidations et des menaces, mais vous n’avez jamais baissé les bras », précise Catherine Vegas, adjointe au maire, « vous avez connu beaucoup de belles histoires et de belles adoptions ».
Autre clin d’œil de la soirée au dernier horloger bijoutier de la cité. Après plus de 50 ans de carrière, l’artisan et commerçant Alain Léat met un terme, dans quelques mois à son activité, place de la Halle. L’ancien président de l’association des commerçants de la ville tourne ainsi la page d’une histoire familiale animée sur quatre générations d’amoureux de la joaillerie et des aiguilles réglées avec minutie.
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Mais si certains se retirent de la vie locale, d’autres investissent dans son futur. C’est le cas de Philippe Haffner à la tête de l’entreprise Haffner Energy, dont le siège et les locaux sont installés entre Vitry-le-François et Frignicourt. Spécialisée dans la production d’hydrogène renouvelable et de carburants d’aviation durables (SAF), l’entreprise est présentée comme « un fleuron de notre territoire » par Daniel Fontaine, vice-président de l’intercommunalité Vitry, Champagne et Der.
Enfin lui ne fait pas l’histoire vitryate mais s’assure de la préserver et de la transmettre aux nouvelles générations. Bernard Sartori a également été distingué vendredi pour son investissement local. « Après votre service national comme infirmier militaire, vous vous êtes consacré à la recherche et à la transmission de la mémoire de la Grande Guerre. Auteur d’environ 1 200 articles publiés sur plus de 40 ans, vous avez collaboré avec le Commissariat de l’Armée de Terre, le CNRS, des historiens et plusieurs écrivains », indique Anna Réolon, adjointe au maire. Derrière l’organisation de plusieurs expositions militaires installées à Vitry-le-François, l’homme travaille actuellement au déménagement de la plus grande collection du patrimoine de santé des Armées de l’Association contribuer et agir pour le patrimoine santé des Armées (Acapsa) d’Orléans à Vitry-le-François. Un projet d’envergure mené courant 2026.
Avec cette cérémonie, une chose est sûre, la Ville a su mettre les projecteurs sur celles et ceux qui font vivre le territoire local.
Par Mathilde Escamilla Journaliste à Vitry-le-François
Le maire de Luxémont-et-Villotte a accueilli les descendants du commandant Jacques de La Fournière de Saint Genis. - M.E.
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Le Comité du Souvenir français de Vitry-le-François a œuvré pour cette nouvelle stèle commémorative. - M.E.
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Un insigne amplement mérité.
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Une nouvelle stèle a été inaugurée à la mémoire du commandant Jacques de La Fournière de Saint Genis, héros de la Résistance, en présence d’une quarantaine de ses descendants. Un hommage émouvant lui a été rendu dans la commune de Luxémont-et-Villotte, où un quartier porte également son nom.
Un drapeau bleu, blanc, rouge, méticuleusement déployé sur le haut de la stèle, dissimule la plaque commémorative. Le moment est solennel. Dans quelques instants, la famille, entourée des officiels, enlèvera l’étendard tricolore pour dévoiler la nouvelle inscription, œuvre du Comité du Souvenir français de Vitry-le-François, pour laquelle son président, Laurent Burckel, exprime « un profond respect », et de la commune concernée. L’épitaphe énonce sobrement : « Au commandant Jacques de La Fournière de Saint Genis, héros de la Résistance, 1892-1943 ». Nous sommes le samedi 17 janvier 2026, à Luxémont-et-Villotte. C’est en ce village qu’un quartier s’honore de porter le nom de ce courageux patriote (lire l’encadré), et qu’un monument y rappelle la valeur de son sacrifice pour la nation.
Chef du premier groupe de Résistants de Vitry-le-François (Maquis Yes), originaire de Châtelraould-Saint-Louvent, le commandant Jacques de La Fournière de Saint Genis a été affreusement assassiné dans les locaux de la Gestapo, à Paris. « Il fut capitaine du 29e bataillon de chasseurs à pied, en 1912, engagé volontaire en 1914. Commandant de réserve, il fut maintes fois récompensé à l’issue de la Première Guerre mondiale : croix de chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre, médaille de la Vaillance polonaise, Croix de guerre belge. Le 22 août 1939, il n’hésite pas à s’engager avec bravoure, œuvrant pour la libération dans la Résistance », rappelle Bernard de La Fournière, l’un de ses petits-enfants. Avec lui, la descendance qui l’accompagne réunit une quarantaine de personnes issues de Jacques de La Fournière de Saint Genis et de son épouse. Ils sont venus des quatre coins de la France, s’efforçant de représenter les huit enfants du couple, « rappelés à Dieu ».
L’aîné des petits-enfants et premier orateur, Bernard, ne sera pas le seul à prendre la parole au nom de la famille. Isabelle De Launay, l’aînée des petites-filles, et Marc de La Fournière, fils de Bruno, le benjamin des enfants du commandant, le feront à leur tour, exprimant pour chacun des enfants, petits-enfants, arrière et arrière-arrière-petits-enfants, une « fierté tatouée à jamais sur nos âmes ».
Gilles Gagneux, le maire de Luxémont-et-Villotte, a fait part de l’honneur ressenti par le village, et souligné l’importance de raviver le souvenir de tous ceux qui se sont sacrifiés pour la nation : « Par l’inauguration de cette nouvelle stèle, notre commune accomplit un acte de mémoire essentiel. Elle rappelle que la Résistance ne fut pas seulement l’affaire de grandes figures nationales, mais aussi celle d’hommes courageux qui, dans l’ombre, ont refusé la soumission et choisi l’engagement. Le commandant Jacques de La Fournière de Saint Genis était de ceux-là. Officier animé par le sens du devoir, il s’engagea dans la Résistance, pleinement conscient des risques encourus. » La sous-préfète de l’arrondissement de Vitry-le-François, Virginie Simonnet, a poursuivi l’éloge sur le sens du combat qui fut mené : « Le commandant Jacques de La Fournière de Saint Genis appartenait à cette génération d’hommes pour qui le mot devoir avait un sens absolu. Nous honorons une conscience, une fidélité à la République, une certaine idée de la France, celle qui refuse la soumission et se tient debout face à l’oppression. »
La famille a aussi évoqué l’abnégation et la bravoure du militaire et du résistant, mais elle a voulu surtout dire l’homme qu’il était pour les siens, le mari, le père, et le vide qu’il a laissé, narrant « la douleur d’une épouse inconsolable, mais tellement fière ». C’est Isabelle De Launay qui lut une lettre écrite par leur « bonne maman » à l’une de ses amies, le 25 mars 1944 : « Il me semble que la plaie s’agrandit et se creuse chaque jour. Je n’ai plus le courage que j’ai eu, le chagrin devient du désespoir. Les circonstances ont rendu ce drame particulièrement affreux et chaque détail me déchire le cœur. Même la parole ne fera jamais comprendre à quel point mon mari a été brave, courageux, calme. Il a subi d’affreuses tortures auxquelles il a succombé plutôt que de livrer un seul nom, sauvant ainsi bien des vies. »
Puis, submergé d’émotion, Marc de La Fournière a prononcé quelques vers en alexandrins, écrits par l’un des fils du captif martyrisé, « dans l’immédiateté d’une mort atroce sur un lit de torture », une plainte « extraite d’un cri de douleur posé sur le papier », un poème qui montre l’atrocité du vide créé par le crime : « Ils ont tué mon père, ils ont giflé mon frère, / Ils ont volé nos biens, ils ont meurtri ma mère. / (…) Savez-vous donc, barbares, que vous privez d’un père / Une nombreuse famille qui pleure l’absent ? / Il en est un pourtant, Bruno, mon plus jeune frère, / Qui appelle son papa quelquefois en riant. / Celui-là est heureux, il ne se doute de rien, / Ignorant la valeur, la grandeur de ce bien. » Et Bernard de La Fournière de conclure à propos de ce texte : « Il ne nous a été révélé que tardivement, tant notre famille a voulu grandir dans l’espérance, la droiture et l’honneur, sans sentiment de rancœur ni de rancune. Nous ne gardons que l’extrême déchirure qui en ressort, car nous pouvons le confier : aucun de nous n’a connu quelqu’un d’aussi bon et indulgent que celui qui a écrit ces vers. »
À l’occasion de l’inauguration de la nouvelle stèle en mémoire du commandant Jacques de La Fournière de Saint Genis, le maire de Luxémont-et-Villotte a rappelé l’origine et les spécificités de la cité de La Fournière, dont le nom est aujourd’hui indissociable de cette figure historique. Un élément essentiel pour redonner du contexte. Cette cité s’inscrit dans le vaste mouvement de reconstruction engagé après la Seconde Guerre mondiale. Conçue pour loger les effectifs américains stationnés en France dans le cadre de l’Otan (Organisation du traité de l’Atlantique nord), elle voit le jour entre 1957 et 1958 avec la construction de 30 pavillons, répartis entre Luxémont-et-Villotte, et Marolles pour 9 d’entre eux. Elle accueille les militaires jusqu’en 1966, date du retrait de la France de l’Otan et du départ des forces américaines.
Après cette période, la cité traverse une phase d’incertitude, avant d’être transformée, en 1969, en copropriété horizontale par la Société immobilière foncière atlantique. Cet héritage de l’après-guerre est à l’origine de difficultés de gestion persistantes, liées à des voiries et réseaux privés, mais mutualisés. Les copropriétaires souhaitent aujourd’hui en céder la gestion aux communes afin d’assurer leur mise aux normes et leur pérennité.
Cette démarche se heurte toutefois à des obstacles techniques, juridiques et financiers, d’autant plus complexes que la cité s’étend sur deux territoires communaux. « Aujourd’hui, les communes concernées ont abordé ce sujet avec le sens des responsabilités et un esprit de dialogue, conscientes des attentes légitimes des habitants, mais également des obligations qui s’imposent aux collectivités publiques », assure le maire de Luxémont. Plusieurs avancées ont été engagées, notamment sur la voirie, l’assainissement et l’éclairage public. Reste en suspens la question du réseau d’eau potable, compliquée par le transfert de compétence à l’intercommunalité Vitry, Champagne et Der pour la partie concernant Marolles, suscitant l’amertume du maire de Luxémont-et-Villotte. Des progrès sont néanmoins attendus sur l’enfouissement des réseaux secs et de l’éclairage public avec le syndicat d’électrification de la Marne, Territoire d’énergie.
À Bergerac (Dordogne), une rue s’appelle « Jacques et Marie-Odile Soyer (Gobillard) ». - DR
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Marie-Odile Gobillard-Soyer, juste avant de dévoiler la plaque portant son nom à Bergerac (Dordogne). - DR
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« Mon père ne voulait pas que je fasse d’études » : Marie-Odile Gobillard-Soyer, de Sézanne à la postérité scientifique
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Le 10 janvier 2026, à Bergerac (Dordogne), le maire a inauguré une rue baptisée « Jacques et Marie-Odile Soyer (Gobillard) », en hommage à cette scientifique née à Sézanne. Elle a été directrice de recherche au CNRS et décorée de la Légion d’honneur.
Ça y est ! Une rue de France porte le nom d’une Sézannaise reconnue. Le 10 janvier 2026, le maire de Bergerac, en Dordogne, a inauguré une plaque portant le nom de Marie-Odile Gobillard-Soyer et de son ex-mari. La rue s’appelle ainsi : « Jacques et Marie-Odile Soyer (Gobillard) ».
Une destinée pas tracée
Pour rappel, Marie-Odile Gobillard-Soyer, 86 ans, est née à Sézanne. Elle a fait ses études dans la cité des mails jusqu’à ses 17 ans. Dans un article de L’union publié en octobre 2025, elle nous racontait son parcours : « Mon père ne voulait pas que je fasse d’études. Il disait que mon rôle était de rester à la maison, de m’occuper de mes petits frères et sœurs et de travailler à l’usine de craie pour tailleur. » Avec le soutien de sa mère, elle est finalement partie à Paris faire des études.
Devenue scientifique, elle a notamment été directrice de recherche au CNRS. Elle a travaillé sur la biologie cellulaire et moléculaire marine. Elle a par ailleurs fait des découvertes sur les effets néfastes de médicaments sur le cerveau des fœtus. Une vie d’engagement qui lui a permis, en 2021, d’obtenir la Légion d’honneur.
Ce nom de rue est donc un aboutissement, désormais affiché dans ce nouveau lotissement de Bergerac. C’est elle, aujourd’hui habitante à Perpignan (Pyrénées-Orientales), qui a dévoilé la plaque.
Précision. Dans la promotion civile de la Légion d’honneur, parue le 1er janvier, le préfet de la Marne Romain Royet a été élevé au grade de chevalier, et non d’officier comme nous l’écrivions précédemment.
Quelles sont les personnalités de notre région distinguées ?
Édité par Victor Labrousse-Vergier
La promotion civile de l’ordre de la Légion d’honneur a été dévoilée le 1er janvier 2026. Le préfet de la Marne Romain Royet et une ancienne dirigeante de la maison de champagne Gosset en font partie. Partage : 616 femmes et hommes ont été distingués. - AFP votre espace 100% personnalisé
Comme il est de coutume à chaque début d’année, une nouvelle promotion civile de l’ordre de la Légion d’honneur a été publiée au Journal officiel le 1er janvier 2026.
Ce sont cette fois-ci 616 femmes et hommes qui sont concernés. Provenant de domaines d’activité différents, ils ont été récompensés pour leur engagement en faveur de l’intérêt général.
En 2026, 528 chevaliers, 70 officiers et 14 commandeurs ont fait leur entrée dans l’ordre ou ont été promus à un nouveau grade. On compte également trois grands officiers et un grand’croix.
Deux personnalités de nos départements ont été distinguées. Il s’agit du préfet de la Marne Romain Royet, désigné au grade de chevalier après 23 ans de service. En poste depuis le 1er septembre dans la Marne, cet ancien énarque était auparavant préfet de la Haute-Saône.
Chevalier de la légion d’honneur dans la promotion du 4 novembre 2011, Béatrice Cointreau, figure du monde du champagne, a également été promue au rang d’officier. Elle a dirigé le groupe Renaud-Cointreau pendant 23 ans de 1984 à 2007, et notamment la maison de champagne Gosset entre 1993 et 2007.
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