Cet article contient tous les articles publiés en 2024 dans la revue de presse de la Légion d’Honneur dans la Marne.
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Par Lætitia Venancio
Journaliste à Épernay
Avant de disparaître, ils ont brillé dans l’aviation, la politique ou la chanson. Cette Toussaint 2024 offre l’occasion de faire un tour d’horizon de quelques-unes des tombes de personnalités oubliées qui ont marqué leur époque.
Le chanteur Jean Raphaël, qui avait signé avec Eddie Barclay et chantait dans l’émission de Pascal Sevran, est enterré à Dormans. - LV
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Jean Raphaël, de son vrai nom Georges Lafaix, est né en 1916 à Orléans. Il devient peintre en bâtiment à l’âge de 13 ans, mais c’est en fréquentant les bals et les cafés parisiens qu’il se lance petit à petit dans la chanson, en reprenant le répertoire de Tino Rossi dans les bals musettes et dancings de Paris. Il tape dans l’œil de Mistinguett et Maurice Chevalier, mais surtout dans celui du chef d’orchestre Jo Bouillon, qui l’engage pour une tournée de plusieurs mois à travers la France.
Après la guerre, il enregistre des airs de tango, très à la mode à l’époque et tourne avec différents orchestres. Le producteur Eddie Barclay lui fait signer un contrat d’exclusivité pour réaliser un 45 et 33 tours réunissant les chansons immortelles (et bien sûr des tangos) des années 30 et 40. Jean Raphaël a écrit également les paroles de quelques chansons.
S’il n’a pas côtoyé les sommets par la suite, on pouvait le voir régulièrement dans l’émission iconique de Pascal Sevran » La chance aux chansons ». Il vécut plusieurs années à Dormans, où il a été enterré en 2006.
Né en 1898 à Saint-Trojan-les-Bains (Charente-Martime), Paulin Louis Jérôme Paris est un aviateur et marin. Il entre dans la Marine en 1916. Il devient pilote d’hydravion en 1922, puis pilote de chasse en 1923 et commandant d’une escadrille de bombardement de 1925 à 1927. Il est fait chevalier de la Légion d’Honneur en 1926 après s’être distingué en service au Maroc.
Considéré comme l’un des meilleurs pilotes d’essai de l’aviation maritime, il a réalisé 12 records du monde en hydravion. Il fait la couverture de Paris Match le 24 juillet 1928 pour être l’un des premiers à tenter la traversée de l’Atlantique par les Açores et les Bermudes sur un hydravion. Il échoue à cause d’un problème de moteur.
En 1930, il bat huit records du monde de durée, distance ou vitesse sur hydravion Latécoère. Son nom fut d’ailleurs donné à un hydravion transatlantique. Il est emporté à 35 ans par une maladie foudroyante et il est inhumé au cimetière d’Avenay-Val-d’Or. Mais ce Paulin Paris n’est pas le seul à s’être illustré puisque, dans un autre domaine, une centaine d’années auparavant, Alexis Paulin Paris, se distinguait en tant qu’historien français de la littérature, spécialiste de l’époque médiévale. Conservateur adjoint des manuscrits de la Bibliothèque nationale et officier de la Légion d’honneur et de l’Ordre de Léopold, il est également le père de l’archiviste-paléographe Gaston Paris, qui lui succéda au Collège de France et sera membre à l’Académie Française.
Le docteur Jules Crochet a marqué ses contemporains à travers ses deux passions : l’aviation et la médecine. - L.V.
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Jules Crochet est né à Dormans en 1902. Chirurgien gynécologue, diplômé de médecine aéronautique, de navigation et titulaire d’un brevet de pilote moniteur, il est à l’origine de la construction d’un aérodrome à Reims, remplacé depuis par un hippodrome. En 1934, il crée une association sur le principe de l’aviation sanitaire, ouvre un centre aéro-médical en 1936 et décide d’équiper Reims d’une station atmosphérique de traitement, inaugurée par Pierre Schneiter, ministre de la Santé publique.
Il contribue ainsi à améliorer les techniques de sauvetage et les méthodes d’intervention médicale en situations d’urgence. Il invente notamment un brancard pouvant être modifié instantanément en fonction de la blessure et préconise le vol en altitude pour soigner la coqueluche. Il expérimente la radiophonie aéronautique qui remplacera plus tard les liaisons en morse.
Son épouse, également pilote l’accompagne dans ses missions médicales en Afrique pour le compte du gouvernement français. Il a été chevalier de l’Étoile Noire du Bénin et chevalier de la Légion d’Honneur. Il est décédé en 1972. Sa tombe se trouve au cimetière de Mareuil-le-Port.
Le caveau familial des Patenôtre, à Baye. - L.V.
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Dans la famille Patenôtre, on demande le père et le fils. Le premier, Jules, né en 1845 à Baye, fait carrière dans la diplomatie à partir de 1871 : il devient ministre plénipotentiaire à Stockholm en 1880, puis, envoyé en Chine, il signe, le 9 juin 1884 le traité de Hué qui reconnaît le protectorat français sur l’Annam et le Tonkin.
Ministre plénipotentiaire au Maroc de 1888 à 1890, il est ensuite nommé ambassadeur à Washington en 1890. Il y épouse une riche Américaine, copropriétaire d’un des grands journaux de la côte Est des États-Unis, le Philadelphia lnquirer. Une fortune qui permettra au couple de s’offrir le château de Congy.
Né en 1900 à Atlantic City, Raymond Patenôtre, le fils, devient conseiller général de Seine-et-Oise à 26 ans, député de Rambouillet en 1928. Il a été plusieurs fois secrétaire d’État à moins de trente-cinq ans. Auteur de plusieurs livres et, fort de l’héritage maternel dans le milieu de la presse, il crée le groupe l’Omnium républicain de la presse, qui possédera notamment le Progrès de Rambouillet, la Gazette de Seine-et-Oise et Le Petit Journal.
En 1940 il refuse de voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain et se réfugie à Lyon, où il participe à la relance du journal « L’Auto ». Après son divorce, il a une liaison avec l’actrice Mireille Balin mais épouse en seconde noce Dolorès Delépine. À sa mort, ses différents héritiers vont se disputer sa fortune considérable pendant plus d’une décennie.
En 2019, les Amis du patrimoine Napoléonien ont apposé une plaque sur la tombe du baron Chaubry de la Roche. - L.V
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François-Jean Chaubry de la Roche est né à la Flèche (Sarthe) en 1753. Nommé administrateur du département de la Haute-Vienne à la Révolution, il est élu député à la Législative en 1791. Le 22 avril 1792, il propose aux députés de faire don à la patrie du tiers de leur indemnité pendant 3 mois arguant que « la moralité des législateurs est la moralité des citoyens ». On lui doit plusieurs écrits comme L’esprit des impôts et de leur régime (1789) ou encore un mémoire Sur la reproduction des pigeons !
Il devient baron de l’Empire, sur institution de majorat, sous la dénomination de Chaubry de Troncenord (du nom d’un bois dans les environs de Congy) par lettres patentes du 16 décembre 1809. Maire de Congy de 1810 à 1826, il a également été propriétaire du château. Il mourut en 1835 et est enterré à Congy où une imposante tombe en pierre lui est dédiée.
Par Corinne Lange
Journaliste reporter
Figure de la Résistance, Gisèle Probst est décédée le 25 avril 2019 à l’âge de 96 ans. - Archives L’union
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La Marnaise Gisèle Probst aurait eu 102 ans en 2024. Cette rescapée des camps de concentration, grande figure de la Résistance, avait fait du devoir de mémoire sa mission auprès de la jeunesse.
Elle est décédée le 25 avril 2019 à l’âge de 96 ans. Mais jusqu’au bout, Gisèle Probst n’a eu de cesse de témoigner. Témoigner de l’horreur des camps de concentration où elle-même a été déportée durant 16 mois, desquels son père et sa mère ne sont jamais revenus. Ravensbrück, où elle a subi les pires atrocités et où elle a rencontré Geneviève de Gaulle, nièce du chef de la France libre et jeune résistante. De l’atrocité du nazisme et de sa volonté de repousser l’occupant en devenant agent de liaison au sein du réseau Mithridate. Et c’est auprès des jeunes générations que Gisèle Probst a voulu témoigner, le devoir de mémoire chevillée au corps. Et lorsqu’en 2017, elle a légué sa tunique de déportée au mémorial de Compiègne, elle a souhaité que cela se fasse en présence d’une trentaine de collégiens et de lycéens marnais.
Toujours un message d’espoir
J’ai eu la chance de croiser cette grande dame, installée à Vitry-le-François, comme moi. J’étais collégienne lorsqu’elle est venue témoigner de son parcours. Sans haine et avec beaucoup d’humanité. Dans la foulée, je participais au concours de la Résistance. Gisèle Probst a été déterminante dans ma volonté d’entamer des études d’Histoire.
La Vitryate Françoise Arvois, autre figure marquante de la Marne, a côtoyé Gisèle Probst notamment au sein du Comité de la Légion d’honneur de Vitry-le-François dont elle était la présidente rapporte : « C’était une grande dame qui inlassablement, tout au long de sa vie, a témoigné partout dans les écoles, les collèges, les lycées, sur la cruauté de la guerre, sur la déportation et les ravages du nazisme avec une force incroyable jusqu’au bout de sa vie et en envoyant toujours un message d’espoir de l’avenir »
Gisèle Probst vient d’une époque où la politique était confondue avec le patriotisme
Jean-Pierre Bouquet, maire de Vitry-le-François
Pour Jean-Pierre Bouquet, l’actuel maire de Vitry-le-François. « L’ayant connu jeune, puis prononcé son éloge funèbre, elle représente pour moi une histoire et un destin. D’abord, elle se place au rang des héros de la Résistance et de la France libre. J’ai toujours en mémoire son amour de la France, sa fierté d’avoir servi notre pays et combattu le nazisme. C’est pourquoi, elle parcourait les lycées et les collèges pour rencontrer la jeunesse et témoigner de l’horreur des camps de concentration. Gisèle Probst vient d’une époque où la politique était confondue avec le patriotisme. C’est un exemple. »
Un collège à son nom
Le 1er janvier 2021, le collège du Vieux-Port, à Vitry-le-François, a été rebaptisé le collège Gisèle-Probst. Celle qui s’est vue décerner les plus hautes distinctions, élevée au grade de commandeur de la Légion d’honneur, aurait très certainement apprécié de voir son nom associé à la jeunesse.
Au Sénat, Françoise Férat a notamment appartenu aux commissions affaires économiques et culture. - Archive L’Union
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Plus de 35 ans de carrière politique locale et nationale n’immunisent pas contre tout. Prenez Françoise Férat. L’ancienne maire de Cuchery, entre Reims et Épernay, puis élue départementale et nationale se remet difficilement de ses émotions. Elle figurait dans la promotion du 14-Juillet 2024 de la Légion d’honneur.
Quelques jours sont passés mais l’émotion est quasiment intacte. Françoise Férat redescend très doucement de son nuage. Par décret du 3 juillet 2024, elle a appris sa promotion dans l’ordre de la Légion d’honneur, au grade de chevalier. « Beaucoup de choses se bousculent dans ma tête depuis cette annonce », confirme l’ancienne sénatrice de la Marne.
La Légion d’honneur, elle était en droit de penser qu’elle l’aurait pour l’ensemble de son engagement. Ce n’est pas rare qu’un élu de la nation, surtout s’il a fait preuve de longévité, soit décoré. « Je ne m’y attendais pas aussi vite après la fin du mandat », nuance cette femme de terrain, venue à la politique par un mandat municipal en 1989. « C’est beaucoup d’émotions, une reconnaissance et de la fierté, poursuit-elle. Un parcours auprès des administrés, ce sont beaucoup de moments forts. J’ai envie de partager cette distinction avec tous ceux qui m’ont accompagnée. J’ai eu le privilège de faire de belles rencontres. »
Conseillère depuis trois ans, Françoise Férat est sollicitée en 1992 pour la campagne cantonale. Elle devient alors la première femme élue au conseil général, assemblée où elle accédera à la vice-présidence. « Les maires du canton m’ont soutenue et m’ont fait confiance pour faire avancer les dossiers, apprécie-t-elle. J’ai eu le soutien de ma famille aussi car rien ne se fait sans elle. Quand on s’engage dans la vie publique, c’est un projet collectif. »
Françoise Férat a alors naturellement une pensée pour Bernard Stasi, ancien maire d’Épernay, et surtout son mentor en politique, Albert Vecten, président du Département de 1982 à 2003. Il est décédé en mai 2023. « C’est mon père spirituel. S’il était encore là, je saurais qui me remettrait la Légion d’honneur », assure Françoise Férat qui goûte une retraite active (lire par ailleurs).
Il est passé le temps délicat où la vie politique manque. Elle a retrouvé un équilibre. « J’avais toujours la petite flamme. J’avais toujours la forme et j’avais toujours envie. J’ai toujours dit que, tant que ces trois conditions étaient réunies, je pouvais continuer. Ce n’était donc pas simple de renoncer mais c’est bien aussi de passer le relais et ma successeur fait un très bon travail », conclut l’ancienne maire de Cuchery.
Anne-Sophie Romagny, qui a repris le flambeau, appréciera le compliment. Dit par Françoise Férat, ce n’est pas la Légion d’honneur mais ce sont de beaux lauriers.
Françoise Férat,née à Épernay le 5 mars 1949, a été élevée au grade de chevalier de la Légion d’honneur par décret du 3 juillet 2024.
Élue sénatrice le 23 septembre 2001,l’ancienne parlementaire centriste doit cette distinction à sa carrière politique. Elle est restée parmi les Sages au Sénat jusqu’au 1eroctobre 2023. Anne-Sophie Romagny (UDI) lui a succédé.
Outre ses 22 ans à la Chambre haute,Françoise Férat a été élue conseillère municipale de Cuchery en 1989, maire de janvier 1992 à mars 2014. Elle a aussi siégé au Département de mars 1992 à juin 2021, élue du canton de Châtillon-sur-Marne puis de Dormans.
François-Yves Le Roux est né le 1er avril 1969 à Saint-Brieuc (Côtes d’Armor), il intègre l’École spéciale militaire de Saint-Cyr à Coëtquidan en 1988 puis choisit l’artillerie.
Il est projeté en République centrafricaine en 1993, à Mayotte en 1994, puis dans les Balkans comme officier opérations au sein de la mission d’observation de l’Union Européenne en 1998. De 2017 à 2020, il est chef du bureau études opérationnelles de la division emploi des forces de l’état-major des Armées.
Promu général de brigade, il est nommé commandant de l’école d’artillerie et adjoint au général commandant des écoles militaires de Draguignan, à l’été 2020.
Le 3 juillet 2024, il est nommé général commandant l’entraînement au combat interarmes et commandant de la base de défense de Mourmelon-Mailly.
Marié, il est père de cinq enfants. Il est officier de la légion d’honneur et officier de l’ordre national du mérite.
Par Philippe Launay
Journaliste à Épernay
Jean-Baptiste Martin admire l’oeuvre géante de street-art représentant son arrière-grand-père.
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Un artiste inconnu, signant A, a joué avec les éléments de la façade pour créer des personnages.
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Depuis ce lundi 3 juin 2024, au lieu-dit Les Hurriauts à Bouzy, les vignes travaillent sous l’œil d’Édouard Martin, fondateur de la maison. Réalisé par le graffeur Crey 132, son portrait géant guette le raisin et le visiteur sur la loge de vigne qu’il a lui-même bâti en 1941.
Une loge créée par ses soins en 1941, des vignes plantées à proximité en 1956 et qui, même si elles sont de vieilles souches, donnent encore des baies de qualité… Au lieu-dit Les Hurriauts, la maison de champagne Martin accorde une grande valeur patrimoniale à quelques ares dédiés à Édouard Martin, grand-père et arrière-grand-père des propriétaires d’aujourd’hui.
Pour marquer cet attachement, Jean-Baptiste Martin, qui incarne la 4e génération, a invité un artiste de rue, Crey 132, à reproduire le portrait de son aïeul sur la loge de vigne où l’arrière-grand-père déjeunait les jours de travail, stockait du matériel et des produits comme le bac de sulfate.
Regard noir profond, petite moustache, visage ciselé, la fresque captive le promeneur. Le noir et le blanc dominent, sur un fond doré qui n’est pas sans rappeler la teinte du champagne et lui donne une touche de modernité. « C’est une reproduction d’une toute petite photo datant de 1936 », note Jean-Baptiste Martin qui a diversifié l’activité de la maison avec une production de parfums.
Cette intensité du regard est l’empreinte de Crey 132, l’artiste de street-art qui a dessiné le portrait du 1er au 3 juin. « Le regard et la douceur des dégradés sont ma marque », confirme le créateur qui a réalisé toute l’œuvre et est connu pour avoir aussi dessiné le Bleuet de France du rond-point des Invalides. « Nous réfléchissions à cette réalisation depuis longtemps. J’ai senti l’émotion des proches de la famille. Quand j’ai connu l’histoire de ce monsieur, cet hommage qui lui est rendu a pris tout son sens. »
L’histoire en question, c’est celle d’un homme né du côté de Cormoyeux et qui avait trouvé son bonheur à Bouzy. Caporal à la mobilisation en 1914, Édouard Martin avait survécu à la Grande Guerre dont il est sorti capitaine. Il reçut la Légion d’honneur à 32 ans. Envoyé au front en 1940, il revient au village, connu pour son Bouzy rouge, et accélère le développement de la maison.
En 1929 déjà, alors que la crise sévit et que le raisin ne trouve plus preneur, il continue l’exploitation alors que d’autres autour de lui vendent leurs vignes. Récoltant-manipulant, il reste indépendant et décline l’invitation à rejoindre une coopérative. Il vend longtemps son vin à des amis, souvent des copains de régiment, puis trouve d’autres débouchés. Des caves sont créés sous la maison de ses beaux-parents, que la famille occupe toujours. La demeure était au cœur de l’exploitation mêlant champagne et activité agricole. « Le raisin a été manipulé dans ces caves jusque dans les années 1990 », poursuit Jean-Baptiste Martin.
Le négociant-manipulant pense désormais a compléter la fresque familiale. Sur l’autre façade de la loge, il aimerait un portrait de son arrière-grand-mère, Lucie Cannot. Native de Bouzy, « elle gérait aussi les vignes ». Tous deux seraient réunis sur une loge dont la toiture de tôles sera aussi refaite en tuiles. Une maison commune reconstituée en quelque sorte…
Si le portrait d’Édouard Martin accueille tout le monde au bout du chemin au lieu-dit Les Hurriauts, l’œuvre de street-art de Crey 132 n’est pas la seule à orner la loge de vigne de la famille. Autre référence du mouvement artistique utilisant la rue comme support, Voxx Romana, venu de Portand (États-Unis), avait dessiné Einstein, son personnage de prédilection. C’était en 2018.
D’autres motifs, sur la même façade, sont dus à des artistes d’une galerie de Montmartre. Sur une autre façade, avec beaucoup d’humour, un dessinateur inconnu a réalisé un Mickey vêtu d’un… gilet jaune. « C’est plus politique mais c’est drôle », s’amuse Jean-Baptiste Martin.
Une autre personne, à l’esprit fécond, a joué avec les éléments du mur, un anneau utile autrefois pour attacher les chevaux et un trou dans la paroi, pour créer des personnages en action, notamment des cordistes. C’est signé A et c’est tout…
L’association rémoise est présidée par Patrick Demouy.
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Les légionnaires se sont réunis à l’hôtel de ville de Reims, où le maire Arnaud Robinet recevra prochainement sa croix de chevalier.
Fondée à Reims en 1839 par le vicomte Irénée Ruinart de Brimont, maire de Reims et député de la Marne, l’Association rémoise des membres de la Légion d’honneur (ARMLH) compte aujourd’hui une centaine de légionnaires autour de Reims. La Marne en compte le double.
Depuis cette date, dix-sept présidents se sont succédé jusqu’à Patrick Demouy, qui vient de présider l’assemblée générale en l’hôtel de ville après que les participants eurent déposé une gerbe au pied du monument dédié aux légionnaires et médaillés militaires, au cimetière du Nord.
Plus haute décoration française, la Légion d’honneur récompense les mérites éminents, civils ou militaires, rendus à la Nation.
Cette année, la promotion du 1er janvier a distingué à parité homme-femme 352 personnes de tout secteur en France, de tout niveau de responsabilité professionnelle, connues ou inconnues du public. Parmi elles, le maire, Arnaud Robinet qui recevra sa croix de chevalier ultérieurement.
Cette distinction, qui se décline en plusieurs niveaux : chevalier, officier, commandeur et deux dignités : grand officier et grand croix est décernée suite à un mémoire de proposition que le préfet soumet à la Grande chancellerie avant que le président de la République décide de la nomination. « Aujourd’hui, le nombre a été réduit depuis qu’Emmanuel Macron a décidé de mettre en place la parité » rappelle le secrétaire de l’ARMLH, Jean-François Logette.
Au cours de l’assemblée, le président Demouy a évoqué les projets de l’année 2024/2025, entre autres la sponsorisation partielle du concert du 13 octobre à la basilique Saint-Remi ; l’envoi de chocolats aux aînés et veuves ou veufs de légionnaires en fin d’année ; des conférences sur la vie rémoise ainsi que les visites du Sénat, du musée de la Légion d’Honneur à Paris et du musée de la tonnellerie à Hermonville.
Par Philippe Launay
Sophie Signolle-Gonet a valorisé la formation dans un secteur en manque de bras. - www.gonet.fr
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À la tête de la maison de champagne Michel Gonet et Fils et bénévole impliquée dans plusieurs instances, la viticultrice née à Avize est faite chevalier de la Légion d’honneur dans la promotion du 1er janvier 2024.
Déjà titulaire de l’ordre national du Mérite agricole, Sophie Signolle-Gonet est, en quelque sorte, montée d’un cran. Native d’Avize et désormais à la tête de la maison de champagne Michel Gonet et Fils, elle a été promue dans l’ordre de la Légion d’honneur, par le ministre de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, Marc Fesneau.
L’officialisation est venue par décret du 29 décembre 2023 qui comprend aussi Arnaud Robinet, maire de Reims, à Châlons-en-Champagne, la présidente de la Licra, Nelly Beaufort.
« Je n’y ai pas cru. J’ai d’abord pensé à une plaisanterie », s’amuse encore la récipiendaire. Au premier texto de félicitations, elle a imaginé qu’il s’agissait des éloges pour les finances de l’office de tourisme. Elle est trésorière et ce poste fait partie de ses nombreux engagements bénévoles.
Au deuxième message, il a fallu se rendre à l’évidence. « J’ai eu la chair de poule. C’était bien la Légion d’honneur et si je l’ai eue, c’est que quelqu’un l’a demandée. Il me faut savoir qui », poursuit Sophie Signolle-Gonet qui dirige la maison de l’avenue de Champagne et des activités dans le Bordelais. « J’étais un peu surprise. Pourquoi moi alors qu’il y a tant de gens qui ont fait des choses plus extraordinaires ? Puis, je me suis dit que j’avais donné beaucoup de temps à la collectivité », poursuit-elle.
Revenue dans la maison familiale en 1992, elle a gravi tous les échelons s’impliquant très tôt dans le Syndicat des vignerons (SGV), d’abord à la commission emploi-formation puis à la commission des viticultrices qu’elle a présidée. Sous ses mandats, des dossiers ont avancé comme le système d’aides pour les gens seuls pour cause de décès ou de divorce ; la conservation des documents administratifs ou les travaux sur l’avenir des petites exploitations.
Désormais, Sophie Signolle-Gonet doit organiser la cérémonie officielle de remise de la Légion. « Ce sera une grande fête et il conviendra d’être digne de la distinction », conclut la Marnaise qui a aussi goûté à la politique, siégeant au Département.