Revue de presse sur la Légion d’Honneur dans la Marne - articles - année 2025

mercredi 1er janvier 2025

Cet article contient tous les articles publiés en 2025 dans la revue de presse de la Légion d’Honneur dans la Marne.
La plupart des articles proviennent du journal « l’union » que nous remercions.
Quelques articles ne proviennent pas du journal « l’union » ; l’origine est alors indiquée par le lien en tête d’article.
Les notes de bas de page [ ] sont du rédacteur.

Pour consulter les résumés des articles d’une autre période, cliquez sur le lien de l’année correspondante :
Revue de presse des années 2012 à 2016 ; Revue de presse de l’année 2017 ; Revue de presse de l’année 2018 ; Revue de presse de l’année 2019 ; Revue de presse de l’année 2020 ; Revue de presse de l’année 2021 ; Revue de presse des années 2022 et 2023 ; Revue de presse des années 2024 et 2025 ; Revue de presse de l’année 2026


« L’Union » 251105a

REIMS : Directrice départementale de la sécurité publique de la Marne de 2010 à 2016, Annie Brégal est décédée

Par Fabrice Curlier
Journaliste à Reims

Annie Brégal avait commandé les 700 personnels des commissariats de Reims, Épernay et Châlons-en-Champagne. - Archives L’union
 Image taille réelle
Annie Brégal était arrivée à Reims en septembre 2010. - Archives L’union
 Image taille réelle

Elle se souvenait avec émotion de son père, qui l’avait toujours encouragée à faire ce métier « à une époque où il n’était pas facile pour une étudiante de faire ce choix atypique », disait-elle. Première femme nommée à la tête d’une école nationale de police, première femme à diriger une sûreté départementale (celle de Seine-Saint-Denis) et première femme à commander la direction départementale de la sécurité publique de la Marne, de 2010 à 2016, Annie Brégal est décédée ce samedi 1er novembre de maladie. Elle n’avait que 65 ans.

Femme de caractère qui avait su s’imposer dans la police, l’inspectrice générale Annie Brégal est décédée à l’âge de 65 ans. Elle avait été la première femme à commander les polices urbaines de la Marne, de 2010 à 2016.

Elle se souvenait avec émotion de son père, qui l’avait toujours encouragée à faire ce métier « à une époque où il n’était pas facile pour une étudiante de faire ce choix atypique », disait-elle. Première femme nommée à la tête d’une école nationale de police, première femme à diriger une sûreté départementale (celle de Seine-Saint-Denis) et première femme à commander la direction départementale de la sécurité publique de la Marne, de 2010 à 2016, Annie Brégal est décédée ce samedi 1er novembre de maladie. Elle n’avait que 65 ans.

« Elle avait la police chevillée au corps. C’était une très grande professionnelle, avec une personnalité très affirmée, un caractère bien trempé mais qui en même temps avait un côté très humain », souligne son ancien chef d’état-major, le commandant de police à la retraite Roger Camps. « Elle était proche de ses collaborateurs et savait défendre ses troupes. S’il y avait eu faute, bien sûr il y avait sanction, mais de façon adaptée ».

« Le premier souvenir qui me vient à l’esprit la concernant, c’est l’affaire Kouachi », poursuit Roger Camps. « Quand nous avons su que les deux frères revenaient peut-être à Reims, qu’ils étaient même peut-être déjà là, elle a aussitôt pris l’affaire en main. Elle était à la salle radio, nous l’état-major autour d’elle, et s’est montrée impériale. C’était une grande dame. »

Un officier qui a travaillé sous ses ordres parle d’« une femme entière, qui savait où elle devait aller et comment faire pour y parvenir », « une personne très accessible, très abordable, d’une grande compétence professionnelle », ajoute un collègue.

En tant que patronne des
polices urbaines de la Marne,
Annie Brégal a eu à gérer des
situations complexes,
en premier lieu l’affaire Kouachi

Fille d’un officier de gendarmerie née en 1960 à Oran, en Algérie, Annie Brégal eut très tôt l’occasion de s’imposer dans ce milieu masculin qu’était alors la police. À sa sortie d’école, en 1986, elle fut affectée pour son premier poste au SRPJ de Clermont-Ferrand, à la tête du groupe de répression du banditisme : à cette époque, commander une quinzaine d’hommes quand on est une jeune femme traduisait déjà un caractère déterminé.

Passée ensuite par le SRPJ de Lyon, la direction centrale de la sécurité publique, Bobigny et l’école nationale de police de Paris, Annie Brégal était arrivée à Reims en septembre 2010, avec le grade de commissaire divisionnaire.

Patronne des quelque 700 fonctionnaires des trois circonscriptions de police urbaine de Reims, Épernay et Châlons-en-Champagne, elle eut à gérer des situations complexes, en premier lieu l’affaire Kouachi mais aussi le Teknival de 2014 sur l’ex-BA 112, la montée du Stade de Reims en Ligue 1, deux visites de Premier ministre ou encore trois visites du Président de la République, dont celle avec Angela Merkel lors du cinquantenaire de la Réconciliation franco-allemande en 2012.

Chevalier de la Légion d’honneur

Cette même année 2012, son admission dans l’ordre de chevalier de la Légion d’honneur venait consacrer une fonctionnaire de police « loyale », « pugnace » et « courageuse », au « parcours exemplaire », selon les mots de son parrain qui l’avait eue sous ses ordres à Paris. Elle était également chevalier de l’ordre national du Mérite.

De retour à la direction centrale après son départ de Reims, Annie Brégal avait atteint le grade d’inspectrice générale, en tant que directrice zonale du Grand Est, basée à Strasbourg. Partie s’installer dans la région de Toulouse, pour se rapprocher de sa famille, elle avait fait valoir ses droits à la retraite en août 2024. La maladie ne lui a pas laissé le temps d’en profiter.

---------------------------------------

« L’Union » 251007a

REIMS : La légion d’honneur remise au maire de Reims ce mercredi 8 octobre au Sénat

Par Fabrice Curlier
Journaliste à Reims

S’il admet les difficultés financières du Département, Arnaud Robinet, maire de Reims, apprécie beaucoup moins l’absence de dialogue. - Hervé Oudin
 Image taille réelle

Arnaud Robinet sera décoré par Gérard Larcher qui fut également président de la Fédération hospitalière de France.

Il faisait partie de la promotion du 1er janvier 2024. Presque deux ans plus tard, le maire de Reims, Arnaud Robinet (Horizons), se verra remettre ce mercredi 8 octobre, au Sénat, la croix de chevalier de l’ordre de la Légion d’honneur.

Maire de Reims depuis 2014 mais aussi président de la Fédération hospitalière de France réélu ce 17 septembre 2025, le récipiendaire sera décoré par Gérard Larcher lui-même, président de la chambre haute et ancien président de la FHF, de 1997 à 2004.

---------------------------------------

« L’Union » 250919a

CHÄLONS-EN-CHAMPAGNE : Après une vie rocambolesque, Jean Dupont honoré de la Légion d’honneur à bientôt 100 ans

Par Cassandra Ducatillon

Au centre d’une partie de sa famille, Jean Dupont a enfilé son plus bel apparat et son fidèle calot pour l’occasion. - Cassandra Ducatillon
 Image taille réelle

Jean Dupont soufflera sa 100e bougie en novembre prochain. Au cours de ses dix décennies de vie, le chevalier de la Légion d’honneur n’a pas manqué d’actes de bravoure. Sa vie rocambolesque a été marquée par le courage.

Repères

• Jean Dupont aura 100 ans le 10 novembre 2025.
• Il a été décoré de la Légion d’honneur ce jeudi 18 septembre 2025.
• Encore en parfaite santé, Jean Dupont témoigne d’un parcours riche en rebondissements et en actes de courage.

Tout gamin, Jean Dupont l’avait décidé : avec l’occupant nazi, pas de quartier. Aujourd’hui quasi-centenaire, ce grand personnage par son histoire et son rôle dans l’Histoire compte désormais parmi les chevaliers de la Légion d’honneur. Cent bougies et presque autant d’anecdotes dont il n’a rien oublié malgré son âge ! Son médecin traitant lui-même le certifie avec le sourire : « C’est un centenaire costaud ! Il reste un bon vivant et d’un point de vue clinique, il est en très bonne santé ! ».

Direction le Jura pour se faire oublier des Allemands

Il n’est pas une hyperbole que de l’affirmer : Jean Dupont a coulé ses dizaines d’années de vie d’une manière palpitante. Et ce n’est pas fini ! Qu’attendre d’autre d’un petiot de 14 ans, débarqué de son école religieuse à Nantes pendant la guerre et une fois de retour à Reims chez ses parents, envoyé en catimini dans le Jura, en zone libre « afin qu’il s’y fasse oublier » des Allemands à qui il savait tenir tête, retrace-t-on dans les discours. Tout jeune, on devine déjà son caractère, quel sacré personnage !

« On s’est rendu compte qu’on était frères. Pas de sang, mais de cœur. »

Pierre Paget, aumônier à L’Ehpad lié à l’histoire de Jean Dupont

Le voilà à Lons-le-Saunier, toujours dans ce département montagneux où il croise le chemin d’un Paget, pas le seul qu’il croisera au cours de sa vie. Restons sur le premier, Henri. L’agriculteur ouvre aveuglément ses bras à Jean Dupont, l’héberge. Fidèle à lui-même, Jean reste un rebelle, une tête dure que les convictions guident. Chez « monsieur Paget » et parce que le petit jeune connaît l’ingénierie ferroviaire, « il fait passer des colis à destination des prisonniers de guerre ».

La rocambolesque (déjà !) existence de Jean Dupont aurait pu trouver sa fin au printemps 43, lorsqu’une patrouille allemande le rattrape et le conduit à la kommandantur de sa circonscription. Son destin s’annonce sombre. Du moins, c’est ce qui se serait passé, si Jean n’était pas Jean. Un moment d’inattention des soldats d’Hitler et voilà l’intrépide qui prend la poudre d’escampette pour retrouver la ferme des Paget avant de la quitter.

La famille Paget, comme la sienne

Fin de l’histoire avec cette famille ? Le destin en a décidé autrement. Bien des années plus tard, Jean Dupont réside – encore aujourd’hui – à l’Ehpad Le Village de Châlons-en-Champagne. Ici, un aumônier intervient : Pierre… Paget. « Dis-moi toi, tu ne connaîtrais pas un certain Henri ? », lance Jean Dupont à l’aumônier. En plein dans le mille : Pierre Paget est son petit-fils. Un symbole à tirer les larmes des invités à la cérémonie de remise de cette Légion d’honneur. « On s’est rendu compte qu’on était frères, s’émeut l’aumônier. Pas de sang, mais de cœur. »

À la tête d’une grande famille

À cette cérémonie, que des invités triés sur le volet. Tous chaudement remerciés en leurs grades et qualités, ils n’occupent pas le même rang que les membres de sa grande famille. S’il est évident que le quasi-centenaire a servi son pays, en témoigne son calot bordeaux et vert regroupant ses décorations, il n’a cependant pas fait que ça. Jean Dupont est aujourd’hui un chef de famille, voire de grande tribu. Les descendants de Jean Dupont et de sa femme, aujourd’hui décédée, sont nombreux : 5 enfants, 7 petits-enfants (dont l’un est décédé) et 10 arrière-petits-enfants âgés de 23 à 5 ans. Une petite bande, en partie présente à la cérémonie, notamment pour sa branche d’Epernay, à qui il aime raconter ses histoires « et on les connaît par cœur ! », rit-elle. Elle n’a pas, pour autant ce jeudi, éludé une miette de son discours qui, en ce jour de mise à l’honneur, avait une saveur différente.

Pour toujours, Henri et Pierre Paget ont leur place dans le cœur de Jean Dupont, l’émotion à la simple évocation de ces hommes ne trompe pas. Il n’a pourtant pas passé des années à la ferme du plus ancien des Paget. Il la quitte peu après sa dernière arrestation pour rejoindre le maquis de « Jojo », le chef de ce lieu. « Il n’a alors que 17 ans », retracent ses proches. Il fait ses armes, s’occupe de tâches à la portée de son jeune âge, découvre l’utilisation des armes.

Un grand homme distingué par un grand homme

Déjà vent debout contre cet occupant allemand, Jean Dupont passe une étape et prend part « à des actions directes contre l’occupant » puis s’engage à 18 ans dans l’armée en même temps que ses camarades maquisards. Vosges, Alsace, Lorraine, Alpes…

Il marche et marche jusqu’à Vienne et rejoint Berlin. Le voilà en garnison, en Force d’occupation. Première distinction ici : la croix de guerre. À l’image de cette folle existence, Jean Dupont la reçoit des mains d’un grand monsieur, là encore c’est peu de le dire. Nul autre que le Général de Gaulle. Un titulaire de la Légion d’honneur. Vrai reconnaît vrai.

---------------------------------------

« L’Union » 250401a

EPERNAY - ORBAIS-L’ABBAYE : Jamais élus, ils n’ont quasiment jamais raté le conseil municipal d’Orbais-l’Abbaye depuis mars 1977

Par Philippe Launay
Journaliste à Épernay

Max et Micheline Vély ont leur habitude, avec les deux sièges à gauche de la table des conseillers.
 Image taille réelle

Max et Micheline Vély s’abstiennent rarement d’assister au conseil municipal de leur village dans l’arrondissement d’Épernay. Ils bouclent leur huitième mandat sans jamais avoir été élus… Il existe une Marianne d’or de la République pour les élus. S’il y en a une pour les citoyens, elle est pour eux !

S’il existe un trophée de la citoyenneté, il faut le leur remettre. Ils sont éligibles, il n’y a pas débat sur le sujet. Lui s’appelle Max et elle, Micheline. Lui a 88 ans, elle 77 et eux deux sont sans doute unique en France. Ils fêtent un drôle d’anniversaire en ce mois de mars 2025. Ce ne sont pas leurs 60 ans de mariage, ils les ont célébrés en 2024.

Ce qui est à l’ordre du jour est ailleurs. Depuis 48 ans, ils ne ratent quasiment pas un conseil municipal d’Orbais-l’Abbaye. Ils suivent l’actualité de la commune depuis l’installation de l’assemblée communale et du maire Pierre-Yves Jardel, en 1977. Et le fait d’habiter en face de la mairie n’y est pour rien dans l’histoire.

S’il existe un trophée de la citoyenneté, il faut le leur remettre. Ils sont éligibles, il n’y a pas débat sur le sujet. Lui s’appelle Max et elle, Micheline. Lui a 88 ans, elle 77 et eux deux sont sans doute unique en France. Ils fêtent un drôle d’anniversaire en ce mois de mars 2025. Ce ne sont pas leurs 60 ans de mariage, ils les ont célébrés en 2024.

Ce qui est à l’ordre du jour est ailleurs. Depuis 48 ans, ils ne ratent quasiment pas un conseil municipal d’Orbais-l’Abbaye. Ils suivent l’actualité de la commune depuis l’installation de l’assemblée communale et du maire Pierre-Yves Jardel, en 1977. Et le fait d’habiter en face de la mairie n’y est pour rien dans l’histoire.

« On y a pris goût. C’est notre dada »

« On voulait voir comment ça se passait. On a appris des choses. C’est instructif. On y a pris goût », résume Micheline. « Les gens nous demandaient parfois ce qui se disait aux réunions », commence Max. « On leur répondait : “Si vous voulez savoir, vous n’avez qu’à y aller” », achèvent-ils en chœur. Bien malin celui qui devinera qui des deux est le plus mordu.

La chose publique en général, c’est à dose homéopathique. Mais, la politique locale, « c’est notre dada. C’est plus concret », reconnaît Micheline, ancienne employée de la société Adis à Orbais-l’Abbaye, sérigraphie sur flacons et bouteilles. Elle se souvient de la fin de sa semaine de travail le vendredi à 20 heures, du retour à la maison pour avaler un petit quelque chose sur le pouce afin d’être à l’heure au début de la réunion, à 20 h 30.

"Il faudrait vraiment qu’il soit malade pour qu’un de nous deux n’aille pas au conseil municipal. L’autre irait"
Micheline Vély

En 48 ans, combien ont-ils suivi de conseils municipaux ? « On n’a jamais pensé à compter », s’excuse Max, ancien salarié de la faïencerie Villeroy & Boch, à Oiry. Après une estimation vite faite, on dira 450 séances. Ils connaissent, avec Alexandre Piat, leur quatrième maire après les 37 années de règne de Pierre-Yves Jardel (1977-2014) qui lui ont valu la Légion d’honneur en juillet 2018, le mandat complet de Henri Guinand (2014-2020) et le demi-mandat de Denis Casters (2020-2023). Une performance surtout qu’ils n’ont jamais été élus…

La faute aux cours de danse

Micheline n’a jamais voulu l’être. Max a été candidat à deux reprises. Il se souvient surtout qu’on lui avait forcé la main une fois. « J’ai pris deux vestes », sourit-il sans rancune. La vie municipale, ils la vivent autrement, dans le public. « On a raté quelques conseils quand on avait notre cours de danse à Montmirail en même temps », admet Micheline. Entre le paso-doble, la valse, le tango et le un pas en avant, deux en arrière qui peut animer des élus, le choix était fait.

Mais, ça n’a duré qu’un temps. La mémoire manque pour se souvenir à quand remonte leur dernière absence non excusée à une séance. Vingt ans certainement, peut-être plus… « Il faudrait vraiment qu’il soit malade pour qu’un de nous deux n’y aille pas. L’autre irait. Le conseil était prévu vendredi (21 mars, ndlr). Il a été décalé au lundi 24. J’aime bien mon émission du lundi, mais je préfère quand même le conseil municipal », appuie Micheline qui se souvient du retour à la maison le soir de débats houleux. La traversée de la place Jean-d’Orbais ne suffisait pas à retrouver son calme. « Ça me travaillait tellement que je n’arrivais pas à dormir. »

Le climat tendu lorsque siégeait le fils, Éric qui avait célébré leurs noces d’or, n’y était pas étranger sans doute. L’ambiance est plus sereine aujourd’hui. Seront-ils au prochain conseil municipal ? La réponse est oui, à l’unanimité des deux votants. « Ça me manquerait. J’adore », conclut Micheline.

Au fait, l’émission du lundi, c’était « Mariés au premier regard ». Ça ne valait pas de faire une infidélité au conseil municipal.

« La verrue » a disparu

En 48 ans de délibérations, Max et Micheline Vély en ont vu des décisions. Celle qui les marque le plus est récente. Elle concerne la réhabilitation de la maison Sarrasin devenue Maison arts et patrimoine. Micheline admet que cette demeure, parmi les plus anciennes du village, ne l’attirait guère. « Je l’appelais “la verrue” », sourit-elle.

Jamais le couple ne s’est permis de contester le projet des élus. « On n’a pas le droit de parler en conseil. » Mais, on sent qu’ils étaient sceptiques. « Jusqu’à ce que soit découverte la façade à pans de bois. C’était trop beau. Je me suis dit que cela aurait été dommage de l’abattre. En plus, elle a été retapée sans que ça coûte à la commune », félicite l’administrée.

La réfection du bas de la place Jean-d’Orbais en 2025 et la rénovation de l’église abbatiale sur plusieurs années à partir de 2026-2027 sont aussi des choix qui ont reçu l’adhésion des plus fidèles des spectateurs du conseil.

---------------------------------------

« L’Union » 250328a

EPERNAY : La Légion d’honneur remise à Jean-Pierre Desbordes

Par Philippe Launay
Journaliste à Épernay

Jean-Pierre Desbordes avec ses arrières petits-fils, Jules et Gabriel, qui ont tenu le coussin de cérémonie. - Ph.L
 Image taille réelle

Une bataille n’est jamais perdue d’avance. Et celle de la reconnaissance n’est pas la plus facile à gagner. Jean-Pierre Desbordes en sait quelque chose. Le Sparnacien de bientôt 88 ans a été promu chevalier de la Légion d’honneur par décret du 8 novembre 2024 à un moment où il n’y croyait plus. Sans l’appui du député de l’époque, Éric Girardin (Renaissance), il aurait même sans doute rendu les armes.

La distinction, remise par le lieutenant-colonel Duvernoy, commandant en second du groupement de gendarmerie de la Marne, a pris une valeur toute particulière. « Elle m’est remise mais elle est pour les copains. Ceux qui sont restés et ceux qui sont partis depuis. Moi, j’ai eu de la chance, je suis passé au travers », confie le Champenois. Pour saisir la valeur de la rosette que Jean-Pierre Desbordes va désormais arborer, il faut se replonger dans la guerre d’Algérie, une nuit du 4 au 5 juillet 1959. La scène se passe à Lamy (aujourd’hui Bouhadjar), dans la zone Est du Constantinois. « On s’est fait bazooker », démarre le Marnais, alors 1re classe dans le 6e régiment des Cuirassiers.

C’est difficile de faire confiance aux autres quand on a vécu avec la peur de sauter sur les mines à tout moment
Jean-Pierre Desbordes

Par là, il faut comprendre que son astreinte est tombée dans une embuscade tendue par les fellagas. Ces ennemis tentaient de rentrer sur le territoire depuis la Tunisie dans l’épisode de la guerre des barrages frontaliers et une zone restée célèbre sous le nom de Bec de canard. « Je le connais par cœur », poursuit Jean-Pierre Desbordes, blessé dans cet assaut où nombre de ses compagnons ont donc perdu la vie.

Lui était conducteur d’une jeep et a été blessé. Selon les extraits de sa citation à l’ordre national de la Légion d’honneur, il a, avec « calme et courage, a fait preuve de beaucoup de sang-froid. Bien que blessé, a fait usage de son arme jusqu’au décrochage des rebelles ». Jean-Pierre Desbordes en sera quitte pour un séjour à l’hôpital de Souk Ahras. Ses copains lui ont offert un éclat de la roquette qui l’a sévèrement entaillé au cuir chevelu. Il l’a toujours à la maison, conservé avec ses nombreuses décorations dont celles qui lui tiennent le plus à cœur : la citation de la brigade avec échelon bronze en juillet 1959 et, surtout, la médaille militaire remise en 2011.

« Ces hommes étaient comme nous. Ils se défendaient »

De ces 24 mois en Algérie dont il est revenu en avril 1960, le Sparnacien est revenu marqué. « C’est difficile de faire confiance aux autres quand on a vécu avec la peur de sauter sur les mines à tout moment, note-t-il. Ces hommes étaient comme nous. Ils se défendaient et ils défendaient leur pays. La France a eu des torts. J’ai gardé une tendresse pour les gens là-bas. Dès que je pouvais, j’étais avec des enfants. Ils n’avaient rien à manger. Parfois, on volait une boule de pain pour leur donner. C’est honteux de voir que nous sommes encore fâchés avec ce peuple. »

Pas de quoi obtenir le prix Nobel de la Paix mais la confirmation que la Légion d’honneur n’était pas imméritée. Mieux vaut tard que jamais.

La mort l’attendait le premier soir…

« C’est une histoire dont je n’ai jamais parlé mais beaucoup de mes amis là-bas méritaient la Légion d’honneur. » Jean-Pierre Desbordes a du mal à masquer son émotion quand il se confie pour la première fois sur un fait de guerre. Dès son premier soir en Algérie, il doit intégrer une astreinte, c’est-à-dire une suite de Jeep avec le radio et des hommes en armes pour patrouiller dans la zone où les fellagas sont cachés et frappent dès la nuit tombée.

Ce soir-là, l’astreinte saute sur une mine. Le bilan est de sept morts. Lui n’est finalement jamais monté dans les véhicules car il avait été remplacé au dernier moment. Ancien salarié chez Moët, Jean-Pierre Desbordes avoue avoir eu du mal à vivre cette vie de miraculé. Il a souvent ressenti du rejet pour ceux qui se vantaient d’avoir pris part au conflit. « Ils racontaient des exploits mais ils mentaient. »

Lui a pensé au pire. « Ma femme m’a donné du courage, mes enfants m’ont sauvé aussi. Je dis toujours que mes parents sont mon corps, mes enfants mes yeux et ma femme mon cœur. »

---------------------------------------

« L’Union » 250125a

VITRY-LE-FRANÇOIS : Chevalier de la Légion d’honneur

Par Philippe Launay
Journaliste à Épernay

Par décret du président de la République, datant du 8 novembre 2024, Jean Gragnano est nommé à l’ordre national de la Légion d’honneur au grade de Chevalier (1er échelon). Cette distinction lui sera remise dimanche 26 janvier des mains de Jean-Pierre Bouquet, maire de Vitry-le-François, pour son engagement et ses actes de bravoure lors de la Seconde Guerre mondiale. Ce décret liste des centaines de noms d’anciens combattants de la guerre de 1939-1945 mis à l’honneur à l’occasion du 80e anniversaire des débarquements.


Commentaires

Agenda

«« 2026 »»
« juillet »

2026

 

Juillet

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
293012345
6789101112
13141516171819
20212223242526
272829303112
Aucun évènement à venir les 6 prochains mois