Eloge funèbre de Larbi DJEMAÏ prononcé le 23 juin 2014 par Claude Signoret, Président de la section « Marne » de la S.M.L.H.


Monsieur le Député-maire, Monsieur le Directeur de l’O.N.A.C. Mesdames, Messieurs les Elus, Messieurs les représentants des associations patriotiques et d’anciens combattants, Chers légionnaires, Mesdames, Messieurs.

Avant de prononcer quelques mots afin de rendre hommage à Larbi Djemaï, permettez-moi de m’incliner quelques instants devant son cercueil et je vous prie de bien vouloir en faire autant.

Si je suis là, à cette heure et en cette circonstance trois raisons, au moins, motivent ma présence.

La première est consécutive à la demande que m’a exprimée le Colonel Jean-Daniel Courot, ancien Délégué Militaire de la Marne. Retenu par des obligations, loin d’ici, il m’a demandé d’assurer à sa place cette mission délicate. Il avait très bien connu Larbi Djemaï dans les années 67/69 alors qu’ils servaient tous les deux au 40ème Régiment d’Artillerie de Châlons-sur-Marne, dans la même batterie de tir, Larbi Djemaï comme pilote d’engin blindé et le Maréchal-des-logis Jean-Daniel Courot comme chef de pièce. A 22 ans ce dernier découvrait cette catégorie de personnels qui, suite au drame algérien avaient fait le choix de continuer à servir l’Armée Française. C’est encore en 2007 que le Colonel Courot, alors directeur de l’Office National des Combattants avait eu le très grand honneur de lui remettre personnellement les insignes de Chevallier de la Légion d’Honneur dans les salons de l’Hôtel de Ville de Châlons-en-Champagne. Par ce geste la République française témoignait à Larbi Djemaï de sa gratitude et de son respect d’avoir payé d’un prix terrible son attachement à la France et il attestait également la volonté de ne pas oublier nos anciens supplétifs d’Afrique du Nord.

La seconde raison tient à la responsabilité que j’exerce en tant que président départemental de la Société des Membres de la Légion d’Honneur. Représentant de fait cet Ordre dans le département, je me devais d’accompagner dans cet ultime parcours notre compagnon Larbi.

La dernière tient au fait, que moi-même de 22 à 25 ans, durant la guerre d’Algérie, j’ai eu un certain temps, dans la région de l’Ouarsenis, l’honneur de commander des Harkis. J’ai appris à leur contact à découvrir ces combattants valeureux, souvent plus âgés et expérimentés que moi et pour lesquels je conserve encore beaucoup d’affection.

Mais revenons à Larbi. En décembre 1944 vous décidez, de vous engager dans l’Armée Française et vous participez à la campagne d’Italie et de France jusqu’à la fin du conflit de la seconde guerre mondiale. En 1946 vous vous trouvez en Allemagne au sein des troupes d’occupation françaises. De 1947 à 1950 vous servez en Indochine au sein du Corps Expéditionnaire Français d’Extrême-Orient où vous êtes cité à deux reprises suite à des actions de combat contre les troupes du Viet-minh. En 1950, de retour en Algérie, vous quittez l’Armée française pour convenance personnelle.

En 1957, alors que le conflit algérien s’éternise, vous faites le choix d’entrer dans une harka pour servir à nouveau l’Armée Française en Afrique du Nord. Blessé à deux reprises vous recevez deus nouvelles citations.

En 1962, pris dans la tourmente du drame algérien vous rejoignez la métropole et continuez à servir la France jusqu’à votre mise à la retraite. La médaille militaire vous est alors concédée.

Brigadier-chef Larbi Djemaï, comme tant de vos camarades nord-africains, vous avez fait une carrière militaire exemplaire, vous avez servi la France avec fidélité et honneur ; c’était votre choix.

Mais parallèlement à cette carrière militaire exemplaire, on ne peut passer sous silence le drame personnel que vous avez vécu : assassinat de votre mère et de votre frère qui vous obligent à quitter l’Algérie et à faire rapatrier, non sans difficulté, sur la France, votre épouse ainsi que vos deux jeunes enfants nés alors en Algérie. Ainsi vous avez affronté, comme beaucoup de harkis, de terribles épreuves parce que vous restiez indéfectiblement fidèle à la France. Vous avez affronté avec votre épouse ces épreuves avec fermeté et dignité. Par votre engagement vous avez pleinement réussi à intégrer la communauté nationale, comme le démontre fort bien la situation familiale des êtres chers qui vous entourent.

A toute votre famille je me fais l’interprète des sentiments attristés et reconnaissants de la Nation française et plus particulièrement de son Armée. Je m’incline devant la douleur de toute votre famille en ces circonstances si difficiles.

Quant à vous, Brigadier-chef Djemaï, je vous dis simplement merci pour ce que vous avez donné, et soyez fier de ce que vous avez fait, que votre souvenir demeure en notre mémoire.

Adieux et reposez en Paix.

Le Président de la section « Marne » de la S.M.L.H.
Claude Signoret

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